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Anciens bâtiments, nouveaux amis

À Chypre, travailler sur un patrimoine commun rassemble les communautés

Les édifices qui nous entourent ne sont pas seulement des structures de briques ou de ciments. Ce sont souvent aussi des histoires et des souvenirs partagés.

Lorsque des communautés divisées vont à la recherche de leur passé, leurs rencontres peuvent restaurer un sentiment d’identité commune, et une confiance retrouvées.

À Chypre, ces efforts sont considérables. La zone tampon qui divise l’île la traverse sur 180 kilomètres, d’ouest en est, séparant la communauté chypriote turque au nord de la communauté chypriote grecque au sud. Cette division a souvent compliqué les efforts de consolidation de la paix sur l’île.

Panorama du Ravelin, Famagusta. Photo : PNUD/Flycam Aerial Photography And Filming Ltd.

la voie de la réconciliation

Ali Tuncay et Glafkos Constantinides, l’un Chypriote grec et l’autre Chypriote turc, sont deux des dix gardiens du patrimoine culturel de l’île.

Ali et Glafkos ont été nommés membres du Comité technique du patrimoine culturel par leurs dirigeants respectifs. Leur rôle est de veiller à la sauvegarde et à la conservation du riche patrimoine historique et archéologique de Chypre.

Le comité est composé d’archéologues, d’architectes, d’historiens de l’art et d’urbanistes des deux communautés. La tâche n’est pas aisée compte tenu du nombre de sites - plus de 2300 - que les Phéniciens, Vénitiens et Ottomans, entre autres, ont légué à l’île en tant que témoignage tangible de leur présence.



« Ce ne sont pas des monuments chypriotes grecs ou chypriotes turcs, ou vénitiens, ils appartiennent à l’humanité », explique Ali en parlant de la tour d’Othello de Famagouste.

Ce monument, qui a inspiré Shakespeare est l’un des nombreux sites du patrimoine culturel que le comité technique a accepté de conserver dans l’île.

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Les membres du comité lors du lancement de la restauration du Monastère Apostolos Andreas.
Mosquée de Deneia/Denya.
Journée internationale des monuments 2015, visite d'étudiants à la tour d'Othello.

Grâce au travail de personnes comme Ali et Glafkos, le patrimoine culturel chypriote peut enfin être géré de façon non politique. Leurs initiatives ont encouragé des milliers de Chypriotes des deux bords à s’impliquer dans la promotion du patrimoine de l’île.



« Il nous arrive de discuter, mais sur la meilleure façon de sauvegarder un bâtiment ou d’allouer des fonds, » dit Glafkos en riant.


une Rénovation critique

Le monastère Apostolos Andreas — longtemps un lieu de pèlerinage pour les Chypriotes et une attraction touristique populaire -— est d'ailleurs en passe de devenir un symbole de cette coopération.

Monastère Apostolos Andreas.

La restauration, qui comprend une réhabilitation structurelle et architecturale complète de l’église principale, de nouvelles installations électriques et la rénovation de l’autel, est un processus collaboratif mené par les Chypriotes grecs et turcs.

Une Chypriote grecque au monastère Apostolos Andreas.
Monastère Apostolos Andreas.
Monastère Apostolos Andreas.
Monastère Apostolos Andreas.
Monastère Apostolos Andreas.
Monastère Apostolos Andreas.
Monastère Apostolos Andreas.

Les bâtiments restaurés permettent aussi aux Chypriotes de partager des valeurs communes à travers divers événements et activités.

Ainsi, lorsque la célèbre tour Othello a été restaurée en 2015, huit acteurs des deux communautés de l’île ont mis la pièce de Shakespeare en scène devant un public de 300 personnes.

Desdemone et Othello en scène pour la restauration de la tour d'Othello.
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PARTeNaRiats et SYNERGIES

Ces cinq dernières années, le projet, géré par le PNUD avec des financements de l’Union européenne, a mis en place 72 initiatives différentes pour la conservation d'églises, de mosquées et d’autres monuments d’intérêt majeur.

Les travaux sur le terrain ont également attiré l’appui d’autres donateurs, pour un total de plus de 16 millions d’euros. Ces partenariats envoient le signal que les changements apportés sur le terrain sont destinés à durer, et que des relations solides sont des promesses de réconciliation.



« En fin de compte, notre travail sur le patrimoine culturel ne concerne pas seulement les pierres et les bâtiments », explique Ali. « Il s’agit d’abord de personnes, de rencontres et de leur l'amitié qui en résulte. »
Footnote: Texte: Mehmet Erdogan, éditeur: Laurence Lessire / PNUD. Photos : Kerim Belet, Olkan Erguler /PNUD