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Infirmière en Afghanistan, une profession en devenir

Story by United Nations Development Programme November 18th, 2016
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Dans une auberge de jeunesse de Jalalabad, en Afghanistan, quelque chose d’extraordinaire est en train de se produire... Une jeune femme, assise sur son lit, se concentre sur la lecture d’un livre scolaire. Abida est élève infirmière dans un pays où la plupart des femmes ne finissent pas l’école.

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Les infirmières sont rares dans le village natal d’Abida au Nuristan, à l’est de Afghanistan. Dans cette province isolée, l’insécurité décourage de nombreux professionnels de la santé qualifiés.



« L'une de mes voisines venait de donner naissance », se souvient Abida. « Elle n’arrêtait pas de saigner. Sa famille l’a mise sur un cheval pour aller à la ville. Elle est morte sur le chemin .”
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En Afghanistan, les taux de mortalité maternelle et infantile figurent parmi les plus élevés du monde. L’absence d’établissements sanitaires dans les zones rurales, conjuguée à la pénurie de professionnelles de la santé, signifie que de nombreuses femmes ne bénéficient pas des soins dont elles ont désespérément besoin.

Une étudiante remplit des ordonnances au Centre de santé communautaire Beland Ghar, Behsud.

Mais des femmes comme Abida sont sur le point de changer cette situation. Avec 200 autres étudiantes, elle obtiendra son diplôme d’infirmière cette année et ira travailler dans un des villages les plus pauvres de sa province natale.



« Je ne passe pas un jour sans apprendre quelque chose », explique Abida. « Je ne veux pas voir une mère mourir sur le chemin de la clinique ou un enfant devenir orphelin. »
Des étudiantes à l'école de soins infirmiers financée par le PNUD et le Fonds mondial à Jalalabad.
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Mis en place par le Ministère afghan de la santé publique avec l’appui du PNUD et du Fonds mondial de lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme, le projet forme une nouvelle génération de professionnelles de la santé. Selon l’OMS, environ 40 % des établissements sanitaires d’Afghanistan ne disposent pas de femmes dans leurs équipes de professionnels, un grave problème dans un pays où les normes communautaires empêchent souvent les femmes de recevoir des soins médicaux de la part des hommes



« Je suis ici pour servir mon village et mon pays », dit Abida. « Je suis vraiment fière de ce que je fais. Je travaille aussi dur que possible. »
Abida obtiendra son diplôme d’infirmière avec 200 autres étudiantes.

Pour Abida et les autres étudiantes, la formation est presque terminée, et il est temps de mettre en pratique ce qu’elles ont appris.

« Nous suivons une formation sur le terrain. Nous irons ensuite dans nos villages où nous exercerons dans les cliniques, avant de recevoir notre diplôme. Nous pourrons alors vraiment commencer à travailler », explique-t-elle.

Outre deux années de formation médicale, les étudiantes bénéficient d’un logement et du transports gratuit, de trois repas par jour et d’une allocation de subsistance nominale.

Abida recoud la main d'un patient. L'école dispense 2 années d'enseignement, y compris une formation pratique.
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Même si le travail est difficile, Abida et les autres étudiantes de sa promotion sont conscientes qu’elles bénéficient d’une occasion unique dans un pays où les jeunes femmes n’ont généralement pas le droit de vivre ou d’étudier loin de leur maison.

« Mes parents étaient très inquiets de la manière dont j’allais m’en tirer, explique-t-elle. Mais j’ai lutté pour convaincre mon père de me donner le feu vert ».

Le frère aîné d’Abida a quitté le foyer familial en signe de protestation. « Il craint que les insurgés locaux nous punissent s’ils venaient à l’apprendre ».

Près de 200 étudiantes partiront travailler en province après avoir reçu leur diplôme.
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Malgré ces obstacles, Abida a poursuivi ses études et apporte déjà une contribution précieuse à sa communauté, lorsqu’elle rentre à la maison le weekend pour faire des perfusions aux enfants malades.

L’école d’infirmières de Jalalabad fait partie de 6 écoles dans le pays.
Jalalabad, Afghanistan