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Jouer pour gagner

La championne afghane de volley-ball encourage les jeunes femmes à réaliser leurs rêves

Muzhgan Sadaat a commencé à jouer au volleyball quand elle avait 10 ans. Une fois adulte, son père estime toutefois qu’il n’est pas convenable qu’elle continue et lui demande de renoncer à sa passion.



« Mon père était inquiet pour ma sécurité et ne voulait pas me laisser jouer , se souvient Muzhgan ».
Muzhgan Sadaat devant l’affiche des Objectifs de Développement Durable.
L’équipe de Muzhgan en plein match à Kaboul.

Faisant fi des interdictions de son père et grâce au soutien de sa mère, elle continue à jouer après l’école et s’absente même discrètement avec ses amis le week-end.

Grâce à sa persévérance, elle devient championne de l’une des premières équipes féminines afghanes de volley-ball et est choisie pour rejoindre l’équipe nationale.

Muzhgan (à droite), écoute l’hymne national afghan avant le début du match.
« Nos proches n’aimaient pas cela, ils pensaient que c’était honteux pour une fille de faire du sport. Je les ignorais, parce que je devais réaliser mes rêves , explique Muzhgan ».

L'héritage de la guerre et du régime Taliban ont fait de l’Afghanistan un des pays où il est le plus difficile d’être une femme. Si l’enseignement supérieur est encore trop souvent hors de portée pour les filles , le taux de scolarisation est toutefois monté en flèche depuis 2002. Selon le Ministère afghan de l’éducation, les filles représentent désormais 40 % des 9 millions d’élèves inscrits à l’école.

Un tournoi de volleyball féminin organisé par le PNUD à Kaboul pour célébrer la campagne de lutte contre la violence envers les femmes.

Aujourd’hui âgée de 23 ans, Muzhgan affiche fermement ses convictions lorsqu’on la questionne sur les femmes dans le sport. Elle défend leur cause, les entraîne et tente de convaincre leurs parents de les laisser jouer. La joueuse estime en effet que les filles ont beaucoup de potentiel, mais que leurs ambitions sportives s’éteignent lorsqu’elles grandissent et que leur famille limite leurs mouvements.



« Si vous n’essayez pas d’atteindre vos objectifs et de réaliser vos rêves, les autres ne le feront pas pour vous. »
Les jeunes filles de l’equipe, attentives aux conseils de leur coach...
...qui s’avèrent être payant : Victoire !
Muzhgan Sadaat récupère le trophée du tournoi gagné par son équipe.

Depuis qu'elle a rejoint l'équipe nationale, la jeune fille voyage et participe à des compétitions régionales, notamment au Tadjikistan et en Inde.

« J’ai fait la fierté de mon père et de ma famille », dit Muzhgan. « Aujourd’hui, mes proches sont fiers de moi. Ils me félicitent de mes succès et sont contents de me voir à la télévision. »
Plus de 1 500 étudiants, jeunes et militants ont assisté au tournoi de volley-ball féminin organisé par le PNUD.

Muzhgan est convaincue que davantage de femmes dans le sport peuvent contribuer à éliminer la violence à l’égard des femmes et changer les comportements.



« Pour nous, c’est une tribune qui nous permet de démontrer au monde entier de ce que les femmes sont capables », poursuit Muzhgan. « Nous pouvons y arriver ».
Footnote: Texte Jalaluddin Kasaat et Sayed Omer Sadaat; photos par Omer Sadaat/PNUD en Afghanistan
Kabul, Afghanistan