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Lutte contre le paludisme

dans les régions éloignées et à haut risque du Tchad

Story by United Nations Development Programme April 24th, 2017
“Ils sont venus dans le village voisin. Ils y ont tué beaucoup de gens, ils ont pillé et incendié les maisons. C'est la raison pour laquelle nous sommes partis.”

Yongou et les membres de sa famille ont abandonné leur maison et tous leurs biens lorsque Boko Haram a attaqué le village voisin du leur. Depuis, ils vivent dans un camp pour déplacés aux alentours du Lac Tchad.

Yongou installe une moustiquaire à l'extérieur de sa hutte.
Les enfants s'installent sous la seule moustiquaire que la famille possède.
Les enfants de Yongou, à l’abri sous la moustiquaire.

Cette histoire est celle de beaucoup de Tchadiens. Avec les conflits dans les pays voisins et la crise du lac Tchad, le pays accueille désormais plus d'un demi-million de réfugiés, de déplacés internes et de rapatriés.

A la suite des attaques perpétrées par Boko Haram, de nombreuses personnes ont été déplacées dans la région du Lac Tchad.

Pour ces populations vulnérables, l’arrivée de la saison des pluies annonce une nouvelle menace. Le paludisme est la principale cause de décès dans le pays, et il touche plus particulièrement les enfants âgés de moins de cinq ans et les femmes enceintes.

Camp de Djako, dans le sud du Tchad – les femme font la lessive dans la rivière, véritable nid à moustiques.
Camp de Gaoui : les flaques d’eau attirent les moustiques et les malades n’ont pas les moyens de se faire soigner.
Dolinda dans le sud du Tchad - une des régions les plus touchées par le paludisme - une maman s’occupe de sa fille de tout juste 1an.
A 15km de N’Djamena, le camp de Gaoui compte près de 1400 familles tchadiennes "revenues de Centrafrique"  pour fuir les violences.
« Ici, mes enfants attrapent le paludisme chaque année, » explique Yongou. « Je suis obligée de les amener à l'hôpital. »
Moundou - Tchad. Les eaux stagnantes sont des foyers de reproduction pour les moustiques qui y pondent leurs œufs.

Pour veiller à ce que les familles comme celles de Yongou soient protégées pendant la saison des pluies, le PNUD et le Fonds mondial appuient le gouvernement du Tchad pour assurer une campagne de distribution massive de moustiquaires à travers le pays. Imprégnées d’insecticides de longue durée, celles-ci seront remises à près de 13 millions de personnes dans tout le pays, notamment dans les zones difficilement accessibles et touchées par les conflits.

La distribution de moustiquaires a pris place sur plus de 4000 sites et dans 2 millions de foyers.

Environ 25 000 personnes des communautés locales ont été recrutées et formées pour aider à identifier les plus démunis et les sites de distribution les plus efficaces.

Les moustiquaires sont stockées dans l’un des 4 entrepôts du pays, avant la distribution dans plus de 4000 zones et 800 centres de santé.

La distribution est accompagnée d'une campagne de communication de masse pour assurer que les gens sachent utiliser correctement les moustiquaires et en comprennent les avantages. La campagne passe par différentes plateformes de communication pour atteindre les populations, des crieurs de rue aux pièces de théâtre en passant par les messages mobiles et les annonces radio.

Les leaders des trois principales religions du pays s’engagent aussi dans les efforts de sensibilisation : pas moins de 180 d'entre eux ont ainsi été formés par le PNUD et le Programme national de lutte contre le paludisme à diffuser des messages clés lors de leurs prêches, et amener les tchadiens à dormir régulièrement sous moustiquaire. 30 000 exemplaires des 10 Règles d’Or contre le paludisme, à la fois fiche d’information et guide de sensibilisation, ont été remis en langues arabe et française aux imams, prêtres, pasteurs et autres responsables religieux du pays pour faciliter leur œuvre.

Sacs contenant des moustiquaires traitées à l’insecticide.
Utilisation correcte des moustiquaires démontrée aux enfants.
Les 10 Règles d’Or contre le paludisme sont relayées par les imams, prêtres et pasteurs lors de leurs prêches.

Bien que le nombre de nouveaux cas de paludisme ait chuté dans le monde, des millions de personnes en sont toujours victimes. En 2015, un enfant mourait du paludisme toutes les deux minutes. L’Afrique subsaharienne concentre 90% des cas et 92% des décès causés par cette maladie.

La région du lac Tchad est l'une des plus touchées par le paludisme.
« Une personne qui souffre du paludisme ne peut pas aller travailler, un enfant qui en est atteint ne peut pas aller à l'école. C'est l'une des causes du sous-développement de l'Afrique. » - Docteur Djijji Ali Sougoudi, Coordinateur du Programme National de Lutte contre le Paludisme.

Au Tchad, ce projet va continuer jusqu'à juin 2018. Son objectif : réduire de 50% la morbidité et la mortalité dues au paludisme.

Au Tchad, 13 millions de personnes vont bénéficier de la distribution des moustiquaires.
Footnote: Photos: © PNUD Tchad / Aurélia Rusek // Texte: Rebecca Webb / PNUD Tchad
Republic of Chad