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une leçon d'abnégation

Les héros de la protection civile en Haïti

Story by United Nations Development Programme October 26th, 2016

Camp Perrin, environ 60 000 habitants, est niché dans les collines qui bordent la route reliant Les Cayes à Jérémie. En voiture, vous pourriez facilement passer sans voir les ravages causés par l’ouragan Matthew sur la ville et les habitations.


Selon les autorités locales, près de 2 300 maisons ont été détruites et des milliers d’autres endommagées. Seules quelques écoles tiennent encore debout, et 90% du bétail a été victime de la tempête.

Les rues de Camp Perrin ont été dégagées par le travail incessant des volontaires. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.
Emakila Voltaire, 52 ans, devant une maison détruite par un arbre, Camp Perrin. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.

Autrefois, cette ville était verdoyante. Aujourd’hui, la plupart des arbres sont tombés et toutes les feuilles ont disparu. Mais les rues principales sont désormais débarrassées des décombres grâce au travail des brigadiers bénévoles de la protection civile.

Dès les premières heures qui ont suivi l’ouragan, ils sont sortis, munis de tronçonneuses, pour faciliter l’accès aux populations isolées, rendre l‘hôpital de nouveau accessible, et permettre aux familles de se retrouver.

Les brigadiers de la protection civile sont des bénévoles formés notamment aux premiers secours. Photo: Andrea Ruffini.

Les brigadiers de la protection civile sont des bénévoles formés notamment aux premiers secours par le biais d’un programme de préparation aux situations d’urgence soutenu par le PNUD et financé par l‘Union européenne.


« Un tout nouveau système est en place, il englobe toutes les étapes allant de l‘évacuation aux plans de réponse pour la coordination des efforts. Nous avons constaté des progrès considérables par rapport au tremblement de terre de 2010. » - Yvonne Helle, Directrice du Bureau du PNUD en Haïti.

Avant la tempête, les volontaires du comité communal de protection civile, assistés des brigadiers, se sont rapprochés de leurs communautés pour les informer et les préparer, notamment par du porte à porte effectué dans les zones les plus à risque. Au plus fort de l’ouragan, ils ont évacué les résidents des zones dangereuses, et depuis, ils assurent la supervision des abris et distribuent l’aide qu‘ils reçoivent - eau, kits d‘hygiène, nourriture – en pensant d’abord aux autres.

Les volontaires distribuent l'aide aux victimes de Matthew. Photo: Andrea Ruffini.
Les rues de Camp Perrin ont été inondées. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.
Les volontaires distribuent l'aide aux victimes de Matthew. Photo: Andrea Ruffini.
Les volontaires distribuent l'aide aux victimes de Matthew. Photo: Andrea Ruffini.

Depuis 2002, le PNUD aide à améliorer la prévention et la réponse aux catastrophes. À travers la Direction de la protection civile (DPC), nous avons travaillé avec le Gouvernement pour mettre au point un système national de gestion de risques de désastres, préparer divers scénarios d‘urgence et mieux informer les populations sur les risques encourus.


Un exercice de simulation de catastrophe (SIMEX) a eu lieu à Camp Perrin, à peine 2 mois avant l’ouragan. Dans ce cadre, plus de cent familles vivant dans un des quartiers les plus à risque avaient été évacuées. L’ouragan Matthew n’y a pas fait de victime.


« La réalité était en tout point semblable à l’exercice – nous savions exactement ce qu’il fallait faire » - Brigadier-chef Frenel Gay de Camp Perrin.
Session d'information avant l'exercise de simulation à Camp Perrin. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.
Session d'information avant l'exercise de simulation à Camp Perrin. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.
Session d'information avant l'exercise de simulation à Camp Perrin. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.

Le PNUD a également conçu des cartes de risques pour l’ensemble des 12 villes de Grand’Anse, ainsi que des plans urbains de prévention pour 6 d’entre elles, ce qui a permis aux autorités de cibler les zones prioritaires pour l’évacuation et ceux qui avaient le plus besoin de soutien.


Des téléphones et équipement de bureau ont été remis au personnel local d’urgence dans tout le pays, même dans les zones éloignées, afin qu‘il soit opérationnel à tout moment. Plus de 500 brigadiers de la protection civile ont été mobilisés et appuient actuellement des efforts de relèvement rapide dans les quatre régions les plus touchées (Grand‘Anse, Sud, Nippes, Nord-Ouest).


Dans de nombreux cas, ces bénévoles ont vu leurs propres maisons endommagées ou détruites et n’ont pas encore eu le temps de commencer à reconstruire. Ils dorment dans les centres d’opérations locaux et travaillent jusqu’à des heures tardives. La nourriture se fait rare.

Le brigadier Frenel Gay (à droite) et sa famille devant leur maison. La moitié du toit s'est envolée. Photo: Andrea Ruffini.
Le frère de Frenel Gay, Wilbert, et sa femme, Kencia. Ils sont restés dans leur maison même quand le toit s'est envolé. Photo Audrey Brassel
Wilbert Gay déblaye les débris du toit de sa maison, Camp Perrin. Photo: Audrey Brassel/PNUD en Haïti.

Osnel Daudier, 36 ans, est coordinateur de la réponse d‘urgence pour la protection civile depuis 12 ans. Sa maison est complètement détruite.


« Nous travaillons sans relâche pour la communauté, même lorsque nous sommes nous-mêmes en détresse, » dit-il.
Le long de la route de Les Cayes à Jeremie, la plupart dégagent les arbres à la machette, leur seul outil. Photo: Andrea Ruffini.

Grâce à l’appui technique du PNUD, le DPC dispose à l’heure actuelle de plus de 2000 brigadiers volontaires opérationnels dans le pays.


Le PNUD poursuit sa collaboration avec le Gouvernement dans les domaines de la prévention de catastrophes et pour faire face aux effets de l‘ouragan Matthew. L‘organisation a besoin de 6,15 millions de dollars, dans le cadre de l’appel urgent aux donateurs pour appuyer le relèvement, aider à reconstruire les infrastructures et rétablir les moyens de subsistance.


Pour faire un don, voir UNDP.org/helpHaiti

Footnote: Texte: Silke von Brockhausen/PNUD et Audrey Brassel/PNUD en Haïti—- Photos: Audrey Brassel /PNUD en Haïti et Andrea Ruffini