You’re viewing a version of this story optimized for slow connections. To see the full story click here.

Unis pour une ville propre

Des péruviennes recyclent les déchets pour protéger l’environnement et la santé.

Story by United Nations Development Programme August 14th, 2017

Gregoria Cruz ne ramasse pas les déchets, elle les recycle. Aujourd’hui, beaucoup de femmes, comme Gregoria, ont abandonné les décharges d’Arequipa — la deuxième plus grande ville du Pérou — pour demontrer que recyclage et l’utilisation des déchets offrent également des possibilités de développement durable.

La décharge de Cebollar est située pres de la ville d'Arequipe. © Adrian Muys / PNUD Pérou
Nombreux sont ceux qui gagnent un maigre revenu en revendant des objets récupérés sur la décharge. © Edward Carpio / PNUD Pérou
« Nous sommes des recycleurs officiels, nous contribuons à prendre soin de l’environnement dans lequel nous vivons. Ce que nous faisons, c’est pour l’avenir », dit-elle.
La décharge d'El Cebollero abrite une « montagne de déchets ». © Sally Jabiel / PNUD Pérou

Les invisibles

Durant plus de 15 ans, la vie de Gregoria a tourné autour de ce que la ville abandonnait et ce qu'elle récupérait pour en faire un commerce et subsister.

Aujourd’hui, à 49 ans, Gregoria travaille comme recycleur officiel chez Recicla Vida, une association de recycleurs composée de 7 membres, dont six femmes. Ils collectent environ 400 kg de déchets par jour.

Recicla Vida est l'une des deux associations de recycleurs soutenues par le PNUD et ses partenaires. © Sally Jabiel

Recicla Vida est l’une des deux associations soutenues par le PNUD, le Programme des Nations Unies pour l’Environnementm les Volontaires des Nations Unies, et le Ministère de l’Environnement et la Municipalité provinciale d’Arequipa. Grâce à cette initiative, le travail de Gregoria et de 170 autres recycleurs a complètement changé.

Pendant des années, ils ont travaillé dans des conditions extrêmes de pauvreté et avec un risque élevé pour leur santé et celle de leurs familles. Aujourd’hui, ils retrouvent une place dans une ville où ils existaient jusque-là invisibles, en marge de la société.

Les membres de l'association fournissent des sacs verts recyclables. © PNUD Pérou / Miriam Huaccho
© Edward Carpio/PNUD Perou
Les travailleurs de l'association échangent des sacs remplis de déchets recyclés pour des sacs vides. © Andrea García / PNUD Pérou
Près de 25% des déchets de la ville sont réutilisables. © Sally Jabiel / PNUD Pérou
L'association Recicla Vida recycle également les déchets industriels comme des palettes et cartons. © Sally Jabiel / PNUD Pérou
Les recyclables sont triés manuellement. © Sally Jabiel / PNUD Pérou
Le camion vient d'apporter une nouvelle charge de matériaux réutilisables. © Sally Jabiel / PNUD Pérou

LA DEUXIÈME VIE DES ORDURES

Désormais, Gregoria est un agent du changement. Avec l’association, elle passe plusieurs heures par jour à frapper aux portes des maisons et des entreprises engagées dans le recyclage. Elle porte un uniforme bleu et un badge, et ne gère que des déchets triés — sans résidus de nourriture ou d’autres déchets organiques — pour les revendre.

Les conditions de travail se sont considérablement améliorées pour les recycleurs. © Sally Jabiel / PNUD Pérou

Durant leur temps libre, les femmes produisent des objets d’artisanat à partir de bouteilles en plastique, du carton et du papier collectés et les vendent sur les marchés et à l’occasion d’événements divers en ville. Le rêve de Gregoria est d’acheter son propre camion et de se consacrer entièrement à faire revivre les déchets.

« Nous ne gagnons pas beaucoup d’argent, mais ce que nous faisons nous donne de nouvelles opportunités. Maintenant, nous envisageons l’avenir », dit-elle. « J’ai été à la décharge pendant 20 ans, et il y a quatre ans, cette initiative m’a donné une chance. Pour des raisons de santé, personne ne devrait y retourner », dit-elle.

Gregoria Cruz (à gauche) fabrique de l'artisanat avec des matériaux recyclés © Sally Jabiel / PNUD Pérou
Collecte de matériaux recyclables © PNUD Pérou / Edward Carpio
© Sally Jabiel/PNUD Perou

UN PLAN SOLIDE

Le Pérou a adopté pour la première fois un Plan national des déchets solides doté d’une perspective sociale. Ce plan ne se limite pas à la gestion adéquate des déchets, mais génère également des possibilités de développement local durable et des « emplois verts », en intégrant des dimensions sociales, environnementales et économiques et en reconnaissant le travail des recycleurs. Toutefois, le plus grand défi auquel le pays est confronté est de sensibiliser ses citoyens.

Gregoria Cruz et les autres recycleurs traitent chaque jour 400 kg de déchets. © Omar Lucas / PNUD Pérou

Comme le dit Graciela Mamani, un autre membre de l’association, beaucoup de gens ne comprennent toujours pas leur travail et « préfèrent que les ordures finissent à la décharge ». Même avec ce défi, les recycleurs sont convaincus que ne pas recycler les ordures constituerait un réel gaspillage.

Aujourd’hui, près de 25 % des déchets solides dans le district d’Arequipa sont réutilisables. Avant le projet, seulement 5 pour cent étaient récupérés dans les conditions malsaines des sites d’enfouissement de la ville.

« Il faut faire comprendre aux gens que nous agissons pour notre environnement, pour notre avenir, pour notre vie », explique Gregoria.
Collecte de matériaux recyclables. © PNUD Pérou / Sally Jabiel
Une partie importante du travail est la sensibilisation de la communauté. © Miriam Huaccho / PNUD Pérou
Gregoria Cruz (à gauche) et Graciela Mamadi font partie de l'association Recicla Vida. © Sally Jabie
Footnote: Texte de Sally Jabiel /PNUD Perou; photos de Sally Jabiel, Edward Carpio, Miriam Huaccho, Adrian Muys et Andrea García/ PNUD Perou; traduction par Daniela Montesinos/PNUD Poeru
Arequipa, Peru