Trop souvent, les jeunes du monde arabe sont décrits comme universellement, perpétuellement désespérés. Pourtant, alors même que de nombreux pays de la région sont en pleine tourmente, ces jeunes trouvent les moyens de faire progresser leur société.
Nous en avons rencontré quelques-uns, sélectionnés par notre Programme de leadership pour nous représenter à New York lors du Forum des Jeunes 2018.
Salma, Ali, Malak, Mariam et beaucoup d'autres nous ont parlé de leurs projets innovants.
Khalil, 23 ans, ingénieur en électricité et informatique, est diplômé de l'Université américaine de Beyrouth (AUB). Il est maintenant député du Commissariat de Beyrouth et cherche à encourager la construction de communautés saines pour les jeunes au Liban.
« RecLeb » est un projet visant à trier les déchets à travers une plate-forme mobile et web qui assure ensuite le transport vers des installations de recyclage spécifiques. Ce projet contribuera à diminuer le niveau de pollution au Liban et à renforcer un état d'esprit « vert » au sein des communautés.
Salma, 21 ans, est étudiante à l'Université de Tunis. Féministe de nature, elle est active dans la société civile depuis 2009.
Pour lutter contre le harcèlement sexuel, Salma a mis au point « SafeNes », une application qui contribue à sécuriser les villes et sert de pont entre les victimes et les ONG spécialisées. Une interface rapide et facile à utiliser permet de signaler le harcèlement sexuel et de désigner une personne de confiance pour suivre les mouvements d'un utilisateur. Il existe également un moyen de contacter directement un avocat pour obtenir de l'aide. SafeNes offre également des vidéos d'autodéfense, des cartes des zones sûres et de l'onformation sur la procédure légale à suivre en cas de harcèlement.
Ali est diplômé en génie mécanique et travaille comme ingénieur à l'Emirates Nuclear Energy Corporation (ENEC). Il est membre de la Fondation des Emirats pour le Développement de la Jeunesse, travaillant sur des programmes soutenant l'entrepreneuriat social et les Objectifs de développement durable.
« Sarood » est une plateforme en ligne qui fournit des ressources techniques et une formation pour les femmes émiraties divorcées ou veuves souhaitant intégrer le monde du travail. De nouvelles réglementations sure le travail à domicile offrent désormais aux femmes la possibilité de démarrer de petites entreprises artisanales. Dans ce nouveau contexte, Sarood se fixe pour objectif de venir en aide à 2 500 femmes en 2018, après avoir obtenu le soutien des autorités locales et des centres de formation nationaux.
« Dans une 2è phase, mon projet visera les femmes réfugiées dans les camps - de la formation à la vente de leurs produits sur le marché. »
Malak, 27 ans, militante des droits de l'homme, travaille dans le domaine humanitaire. Elle termine actuellement une maîtrise sur l'impact de l'engagement civique pour les déplacés dans les écoles libanaises.
Au Liban, les gens consacrent environ 40% de leur salaire à se rendre au travail et les transports en commun sont peu nombreux et sous-équipés. « Khedni M3ak! », un projet de covoiturage, vise à leur faire économiser du temps et de l'argent, tout en promouvant des moyens de transport plus propres et plus sûrs.
À 25 ans, Montassar est déjà architecte et professeur d'université en Tunisie. Il est également candidat aux prochaines élections municipales de 2018, ce qui l'a amené à développer une solution innovante au manque de participation citoyenne dans sa ville natale de Sidi Bouzid.
« Badia », un robot conversationnel, est conçu pour faciliter la communication entre les citoyens et les municipalités et impliquer les citoyens dans la gestion de leurs villes.
Moneera, 21 ans, est en troisième année d'études sociales et d'économie à l'université de Khartoum, et activement impliquée dans la société civile. Elle est représentante nationale auprès du Conseil des étudiants de l'Union africaine et exécuteur de Merit360, un programme destiné aux jeunes visant à atteindre les ODD.
Son initiative, « SHE CAN », veut autonomiser les veuves immigrantes en leur fournissant un revenu viable. Le projet vise les veuves souvent mariées jeunes et analphabètes, qui étaient économiquement dépendantes de leur conjoint, en leur offrant une formation professionnelle. Le projet fournit également aux immigrantes des compétences en gestion d'entreprise, organise des ateliers sur la santé et l'éducation juridique et leur fournit des prêts et des subventions de microcrédit.
Khaled est un jeune programmeur, lauréat du prix des applications spatiales de la NASA Ismailia 2016.
Son projet, « Esmaany » (entends-moi), aborde la communication avec les personnes malentendantes et malvoyantes en utilisant un gant doublé d'un bracelet intelligent. L'objectif est de réduire les inégalités et de créer des partenariats entre personnes handicapées et institutions.
« Une commande vocale reliée aux boutons sur le gant facilite la communication ».
Mariam, 19 ans, consacre toute son énergie à combattre la stigmatisation des personnes souffrants de maladie mentale dans son pays, les Émirats Arabes Unis.
Après des recherches approfondies, Mariam a démontré que la est un outil novateur et efficace . Son outil de réalité virtuelle, "Muharib", dispense des ateliers en ligne et en personne pour éduquer les gens sur la santé mentale. Les ateliers seront livrés en arabe et en anglais pour atteindre une large d'audience.
« Je viens d'un pays où le taux de dépression est le plus élevé de la région. La réalité virtuelle donne une idée de ce que vivre avec une maladie mentale représente ».
Ahmad est étudiant en développement organisationnel à l'Université Al-Quds, en Palestine. Ce jeune de 28 ans a remporté de nombreux prix, et a été jeune ambassadeur de la Fondation pour la pensée arabe de 2012 à 2013.
L'initiative RASSD pour la citoyenneté palestinienne vise à rapprocher les citoyens des autorités locales et à combler le manque de communication entre eux. Un comité devra interagir directement avec les citoyens et les sensibiliser à leurs droits et devoirs. Les membres de ce comité recevront une formationet serviront ensuite de médiateur, amenant les citoyens à prendre part au processus décisionnel. Dans un second temps, un site Web et une application mobile fourniront aux citoyens les recommandations des municipalités.
Alaa est étudiante en 5ème année de médecine au Soudan et travaille comme volontaire médicale dans les zones rurales avec différentes ONG. Passionnée par l'autonomisation des femmes, Alaa a travaillé avec l'OMS sur le changement social et comportemental pour mettre fin aux MGF.
Le projet d'Alaa, « Public Health Academia » est une plateforme d'apprentissage en ligne qui vise à autonomiser les jeunes dans le secteur de la santé, en leur fournissant les connaissances et les compétences nécessaires pour lancer des projets de prévention pour des communautés plus saines.
Sinan, 20 ans, est le fondateur de « Imagineers », une initiative visant à impliquer davantage les étudiants universitaires jordaniens dans l'entrepreneuriat social.
“S-toilet” est une salle de bain publique intelligente qui peut fonctionner hors réseau et maintenir une norme d'hygiène élevée. Le projet vise à générer une solution durable et innovante au manque de toilettes publiques en Jordanie. Les toilettes intelligentes fourniront aux zones défavorisées des installations sanitaires publiques propres et des conseils sanitaires.
Ahmad, 21 ans, est étudiant en Génie Civil à l'Université d'Al-Balqa en Jordanie et fondateur de l'entreprise Hemam Nahleh, une initiative indépendante destinée impliquer les jeunes dans le bénévolat et le service à la communauté locale.
Alors qu'un quart de la population du monde arabe est privé d'éducation, son dernier projet, "Watan for Educational Skills Development" vise à aider les étudiants à compléter leur formation en leur fournissant des bourses financées grâce aux médias sociaux. Le projet cherche également à améliorer l'employabilité des étudiants en facilitant la formation continue dans leurs domaines respectifs.
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