Le 18 octobre 2015, six chevaux de Przewalski, les derniers vrais chevaux sauvages, sont revenus à la steppe russe, maison de leurs ancêtres. Leur existence même est le triomphe d’une coopération internationale et de l’expertise scientifique.
Le cheval de Przewalski avait disparu de la steppe russe vers la fin du XIX siècle. Vers les années 50, il ne restait plus que 12 chevaux dans le monde, tous en captivité. L’effort global des zoos, des instituts de recherche et des réserves a permis de rétablir peu à peu le nombre des chevaux en captivité avec, pour culmination, leur introduction dans la nature. Ce programme de réintroduction est devenu possible en Russie grâce au support d’un projet PNUD/FEM visant la conservation de la biodiversité de la steppe russe à long terme. D’autres manades de chevaux de Przewalski seront réintroduites dans la nature dans les années à venir.
Financé par le Fond pour l’environnement mondial, ce projet, supporté par le PNUD et le Ministère des ressources naturelles et de l’environnement de la Fédération de Russie a permis de créer l’infrastructure nécessaire à l’accueil et à la réintroduction des chevaux dans la réserve d’Orenburg. Les animaux ont été offerts par l’association pour le cheval de Przewalski du Parc National de Cevennes. Cette association a élevé plusieurs générations de chevaux dans un pâturage clôturé.
Le programme de réintroduction du cheval de Przewalski dans la réserve d’Orenburg est prévu pour 15 ans. Une population de 100 à 150 chevaux Przewalski devra vivre en semi-liberté dans la steppe d’ici à 2030.
Ce projet permet de développer les capacités, ainsi que les instruments et les mécanismes écologiques pour la consolidation, l’expansion et la gestion intégrée des steppes de la Russie. Sa réalisation a supporté l’établissement d’un nouveau secteur de la réserve d’Orenburg, dédié à la conservation à long terme d’un habitat précieux de la steppe pour ses espèces les plus typiques.
Lorsque les animaux sont arrivés à leur nouvelle maison au Centre de réintroduction de la réserve d’Orenburg, ils ont été mis en quarantaine dans des enclos aménagés. Les chevaux vont y passer un mois avant d’être mis en corrals d’acclimatation. Pendant ce temps, les chevaux auront le temps de s’adapter à de nouvelles conditions climatiques sous la surveillance étroite de l’équipe de la réserve d’Orenburg. En avril débutera la construction d’une clôture pour protéger les chevaux contre les braconniers, mais aussi pour empêcher tout croisement entre chevaux sauvages et domestiques.
L’idée de recréer une population de chevaux sauvages dans la région d’Orenburg a été promue à la fin des années 90 par Sergei Levykin, spécialiste à l’Institut pour l’étude de la Steppe de l’Académie des Sciences de Russie. Cette idée a trouvé un support institutionnel et scientifique grâce aux efforts et à la participation active des experts de l’Institut Severtsov de l’environnement et l’évolution, avec l’objectif de faire de cette espèce un pôle d’attraction prometteur d’écotourisme.
La réalisation pratique du programme a démarré en 2010 avec l’établissement d’un nouveau secteur de la réserve comprenant un centre de réintroduction. La réserve comprend 16 500 ha de steppe vierge, habitat de toute première qualité pour les chevaux, ainsi qu’un ancien terrain d’entraînement militaire en friche depuis 1965.
Le travail est réalisé avec les leaders en matière de conservation du cheval de Przewalski, l’Association TAKH en France, la station biologique Tour du Valat, le Programme européen pour le cheval de Przewalski (promoteur : Zoo de Cologne), le Groupe consultatif pour le taxon équidés (administrateur : Zoo de Stuttgart), le Studbook International pour le cheval de Przewalski (administrateur : Zoo de Prague), le Parc national Altyn-Emel (Kazakhstan), réserve Askania-Nova (Ukraine) et le Parc national Khustai-Nuru (Mongolie).
Pour plus d’informations sur le projet, visitez: http://savesteppe.org/project/en
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