Rémy Kabwiku est menuisier depuis 1982. Selon lui, le métier a évolué et nécessite un recours grandissant aux machines. Pour pouvoir s’équipper d’une scie portative et ainsi agrandir sa clientèle, Rémy a fait appel au crédit solidaire.
L’accès aux services financiers est l’un des grands obstacles que rencontrent les populations congolaises à améliorer leurs conditions de vie. Près de 55 % des congolais sont classés comme ‘financièrement exclus’, et, pour bénéficier d’un crédit, les emprunteurs doivent souvent apporter des garanties qu’ils ne sont pas en mesure de fournir. Pourtant, l’accès au micro- financement peut faire la différence pour stimuler l’emploi et l’économie, surtout dans les régions rurales.
C’est pourquoi le PNUD et l’UNCDF (UN Capital Development Fund) ont mis en place un programme d’appui à la finance inclusive, financé par la Belgique et la Suède. Le projet propose notamment la création de groupes de solidarité pour permettre plus aux pauvres d’accéder au financement en contractant des crédits garantis collectivement.
A Walungu, au Sud Kivu, le groupe CIMWEMWESA ( «Ce qui fait la joie» en Mashi) est composé de 7 membres, tous voisins, qui exercent des activités différentes: vendeuse ambulante, pharmacien, menuisier, boutiquier, meunier… Ensemble, ils ont pu bénéficier d’un crédit solidaire auprès d’une coopérative d’épargne et de crédit (COOPEC) nouvellement installée au village.
« Notre groupe s’est créé spontanément en 2013 pour réaliser une épargne commune. Nous tenons deux réunions par mois et le remboursement du crédit se fait mensuellement,” dit Ernest, le président du groupe.
Au delà du bénéfice financier, ces groupes ont un réel impact au niveau de la cohésion sociale. Les membres s’entraident aussi dans la vie quotidienne, en faisant de petits travaux l’un pour l’autre, et en se soutenant moralement.
“ Nous nous aidons entre membres. Si l’un de nous ne parvient pas à honorer une échéance, nous remboursons pour lui », dit Jeanine, une mère de 3 enfants abandonnée par son mari alors qu’elle était enceinte.
“Nous nous rapprochons de la population n’ayant pas assez de moyens” , dit Rosine Zumba, gérante de la COOPEC de Bomoko.
Après deux ans d’activité seulement, la COOPEC de Walungu compte 1179 membres. La moyenne des crédits sollicités est de 500 USD. Le montant total de l’épargne en mars 2016 était de 207 200 USD.
Aujourd’hui, la RD Congo compte 160 institutions de microfinance, banques et coopératives, dont 80% en milieu urbain. Elles totalisent 1,9 millions de clients, 50 % de femmes, pour la plupart ceux et celles exclus des services financiers traditionnels. La formule des mutuelles de solidarité en milieu rural a permis de toucher plus de 6 000 nouveaux clients, dont près de 4 500 femmes, qui ont maintenant accès à des services d’épargne et de crédit répondant à leurs besoins.
Plus d’information sur le projet.
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