Zeljko Cejic, un ingénieur de Banja Luka, explique que lui, sa femme Natasa, leur fille Sofia (qui avait alors 6 ans) et leur fils Phillip (agé de 3 mois) ont dû sortir par la fenêtre de la chambre de Sofia pour échapper à la montée des eaux en 2014.
« Je me souviens que l’eau était vraiment sale et je ne voulais pas tomber dedans parce que j’avais peur de disparaître, » dit Sofia.
Les inondations et glissements de terrain de 2014 ont touché plus d’un million de personnes, affectant 75 000 foyers (dont 25 000 gravement endommagés ou détruits), déplaçant 90 000 habitants et en tuant 25. Plus de 3 000 glissements de terrain ont été enregistrés, faisant craindre que les dégâts dépassent ceux causés par l’ensemble du conflit des Balkans.
La Bosnie-Herzégovine est très exposée aux effets du changement climatique. Le nombre d’inondations et de glissements de terrain a triplé au cours des dix dernières années, érodant les gains socio-économiques du pays. Ces pertes ont été aggravées par une capacité limitée à anticiper et répondre aux crises.
Au cours des deux dernières années seulement, les catastrophes dans les Balkans occidentaux ont affecté 15 fois plus de personnes et causé des pertes économiques 30 fois plus élevées qu’au cours de la décennie précédente. Pour Zeljko et sa famille, il a fallu 1 an et demi pour reconstruire. Ils ont dû jeter des meubles, des appareils électroniques, des livres, des photos et des effets personnels.
Aggravée par le conflit dans les Balkans, la déforestation atteint aujourd’hui des proportions inquiétantes : entre 1990 et 2010, le pays a perdu 1,1% de sa couverture forestière, soit environ 25 000 ha.
Dans le bassin du Vrbas, le cours d’eau le plus important du pays, la coupe de bois illégale et le défrichage par le feux aggravent encore les inondations, du fait que l’eau dévale plus rapidement dans les vallées, entraînant sédiments et causant des coulées de boue.
Les alertes précoces peuvent sauver des vies et réduire les dégâts, c’est sur cette base que le projet d’adaptation au changement climatique dans le bassin du Vrbas a établi un réseau de stations hydro-météorologiques.
Composé de 20 stations automatiques de mesure de précipitations, de 2 stations météorologiques et de 6 stations hydrologiques, le réseau permet la prévision des fortes crues et inondations.
Travaillant en étroite collaboration avec les autorités locales, le projet a aussi élaboré des plans d’intervention d’urgence et des formations pour que les unités de la protection civile puissent réagir de façon rapide et coordonnée en cas d’inondation ou d’incendie de forêt .
« Il est très important d’avoir des procédures en place pour répondre aux situations de crise. Nous devons déterminer clairement les rôles - qui réagit quand, qui fait quoi, et qui est responsable. Nous avons vu ce qui se passe quand ce n’est pas le cas, » dit Darko Borojevic, hydrologue.
Le Vrbas, y compris ses affluents, tisse son chemin à travers 2 entités administratives, 1 canton et 28 municipalités. En améliorant le réseau de surveillance et veillant à ce que l’ensemble du système soit interconnecté, le projet permet aux décideurs de disposer d’informations précises en temps réel pour que les communautés du bassin du Vrbas soient en mesure de protéger leurs familles et leurs biens.
Pour plus d’informations sur le projet, voir ici et ici (en anglais).
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