Si vous vous aventurez au-delà de l’activité bouillonnante du centre-ville de Dakar, vous aurez un aperçu concret de l’impact désastreux du changement climatique au Sénégal.
Pour les habitants de Niette Barre, un quartier de banlieue de la capitale, les pluies ne sont pas porteuses de bonnes nouvelles. Écoutez Aby, 53 ans, qui s’est s’installée à la ville après des années de travail acharné :
« Certaines années, avec les inondations, l’eau monte à plus d’un mètre dans toute la maison … certaines chambres ont été tellement endommagées qu’elles sont encore inutilisables maintenant. »
Près de 3,5 millions de Sénégalais vivent actuellement aux alentours de Dakar, et environ un quart de la population du pays vit dans des zones côtières, qui sont menacées par l’élévation du niveau de la mer.
Dans toute l’Afrique, des millions de personnes pauvres des zones rurales ont migré vers les banlieues des grandes villes, où les quartiers se sont développés sans planification urbaine, ni systèmes d’égouts ou d’assainissement. Alors que la communauté internationale et les acteurs de développement tels que le PNUD travaillent à améliorer les infrastructures, le changement climatique menace de réduire tous ces efforts à néant.
A Dakar, les inondations ont empiré au cours des années. Pendant la saison des pluies, les personnes peuvent être bloquées des jours entiers dans leurs maisons. Les services publics tels que l’eau courante et l’électricité sont suspendus pendant des jours.
A Niette Barre, les ordures sont partout. Sacs en plastique, bouteilles et autres déchets sont utilisés pour bloquer ou absorber l’eau qui inonde les rues. La poubelle est un bon moyen de garder la boue à l’extérieur des maisons en cas d’inondation. Cette solution temporaire montre l’ampleur du problème.
Le Sénégal met actuellement en œuvre de nombreux projets d’adaptation au changement climatique. Avec l’appui du PNUD et du Fonds pour l’environnement mondial (FEM), le Gouvernement s’efforce d’améliorer la prévention et la gestion des inondations en installant des structures de drainage d’urgence dans les zones inondables. Une de ces mesures consiste à construire des étangs pour stocker le surplus d’eau.
Mais si Aby et sa famille tentent de garder l’eau à distance, leur priorité est avant tout de payer pour leur prochain repas :
« Nous avions l’habitude d’acheter des mangues, et de les revendre sur les marchés locaux, mais maintenant que de plus en plus de gens se sont déplacés en ville, la concurrence est féroce. Notre famille survit sur le seul revenu de mon fils, » dit Aby.
Celui-ci passe ses journées avec des centaines d’autres à attendre dans le port un bateau de pêche qui les embauchera. Avec tant de concurrence, il rentre souvent bredouille.
La zone côtière de l‘Afrique de l‘Ouest est l’une des zones de pêche les plus productives du monde. Cependant, le déclin des écosystèmes, de mauvaises pratiques de pêche et l’impact du changement climatique ont épuisé les stocks de poissons au cours des dernières années, et des gens vulnérables comme Aby en supportent les conséquences.
Le Sénégal est l’un des rares pays à élaborer un plan national d’adaptation au changement climatique spécifique pour la pêche, notamment avec l’aide d’un programme d’adaptation global mis en œuvre par le PNUD et le PNUE, et financé par le Fonds pour les pays moins avancés.
Ce programme fournit déjà un soutien direct au Sénégal, Cambodge, Niger, Madagascar et Lesotho, et a récemment étendu son appui à d’autres pays en développement, avec le support du Fonds spécial pour le changement climatique du FEM.
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