Slobodan Brkić vit dans le magnifique village de Ziličina, haut dans les montagnes de Bosnie-Herzégovine. Il y a plusieurs années, un diagnostic de maladie de Crohn l'a poussé à revenir dans son village natal où il a commencé à travailler avec l'office de tourisme de la région pour faire de Ziličina une destination touristique 'verte'.
Il a consacré les fonds qu'il avait mis de côté pour ses soins médicaux et a obtenu un prêt bancaire pour commencer à construire des installations.
« Je pesais environ 56 kilos à l'époque, se souvient Slobodan. Quand j'ai dit autour de moi que je commençais ce grand projet, on ne m'a pas cru. Pourquoi ? Vous avez déjà un pied dans la tombe... »
Le village était loin d'une route ou de toute attraction touristique, ce qui compliquait les choses. Mais c'est alors que Slobodan a appris que son terrain se trouvait sur le parcours de la Via Dinarica, un sentier pour randonneurs.
Longue de près de 2 000 kilomètres, la Via Dinarica s'étend sur toute la longueur des Alpes dinariques des Balkans occidentaux. Elle a été pensée par un groupe de randonneurs passionnés qui souhaitaient connecter la Slovénie, la Croatie, la Serbie, la Bosnie-Herzégovine, le Monténégro, le Kosovo* et l'Albanie.
Ce sentier transfrontalier est un emblème de coopération salutaire , compte tenu de l'histoire conflictuelle de la région.
En 2013, la vision des randonneurs a commencé à prendre forme avec un inventaire des 1 250 kilomètres de sentiers de montagne existants pour évaluer, cartographier et promouvoir la Via Dinarica. Des pistes vertes et bleues sont en cours de développement.
Le PNUD est intervenu au fur et à mesure , avec des subventions aux petites entreprises et un plan pour développer l'hospitalité et le tourisme local en parallèle à l'établissement du sentier.
En Bosnie-Herzégovine, trois sentiers d'environ 1 000 km traversent des montagnes et des champs remplis de fleurs sauvages, le long de villages pittoresques, comme Ziličina.
« À mesure que nous prenons de l'expansion, de plus en plus de personnes viennent. Cela nous donne la force de continuer », explique Slobodan.
Amar Alagić, une vingtaine d'années, était prêt à quitter le pays avant de découvrir ces nouvelles opportunités. Sa petite ville de Bihać, située sur les rives de la rivière Una au nord-ouest du pays, est riche en beauté naturelle mais n'offrait que peu d'options pour un revenu durable.
« Nous vivons dans un pays où la majorité des jeunes déménagent à l'étranger pour se trouver une avenir, dit-il. Je pensais que je serais mieux ailleurs, mais mon cœur est ici, à côté de cette belle rivière et de la nature qui l'entoure. »
Lorsque sa famille a reçu une subvention pour développer une petite entreprise de rafting dans le cadre du projet Via Dinarica, il a choisi de rester et de tenter sa passion. Il propose désormais plusieurs circuits de kayak et de rafting allant des eaux douces aux eaux vives. Le nombre de clients a plus que doublé en 2017 par rapport à l'année précédente, et ses bénéfices ont augmenté de 70%.
La mère d'Amar, Mahira, se dit profondément émue de la façon dont l'initiative a changé la vie de sa famille, en leur permettant de garder leur maison.
Un autre objectif du projet est de célébrer la culture et les traditions de la Bosnie-Herzégovine.
Amela gère une maison d'hôtes traditionnelle à Lukomir, le village de montagne le plus haut et le plus isolé du pays. Les touristes apprécient ses plats traditionnels et Amela leur montre comment les préparer.
Son amour pour la culture traditionnelle vient de sa formation de guide touristique et elle réalise maintenant son rêve de promouvoir le patrimoine de la région et le tourisme 'vert'.
« J'ai décidé de créer une entreprise par moi-même parce que dans notre pays, si vous voulez vraiment réussir et faire le travail que vous aimez, vous devez le faire vous-même et le construire dès le début », dit-elle.
Leur investissement et leur passion ont porté leurs fruits. Le nombre de clients est passé de 420 en 2015 à plus de 8 000 en 2017.
« J'ai hâte de voir de nombreux jeunes gagner leur premier salaire et développer de nouvelles idées qui feront de notre patrie un endroit meilleur et plus beau pour tous. »
À Ziličina, Slobodan ne doute pas qu'il a eu raison de suivre son instinct : sa santé s'est améliorée avec un mode de vie moins stressant et plus proche de la nature.
« Il s'avère que j'ai choisi la bonne voie », dit-il.
L'USAID et le PNUD en Albanie, en Bosnie-Herzégovine, en Croatie, au Kosovo* et au Monténégro ont soutenu l'initiative Walking the Via Dinarica et une plate-forme pour développer les communautés locales et les petites entreprises dans l'hôtellerie et le tourisme. L'initiative a reçu un fort soutien des ministères, e facilité la coopération entre les pays. La prochaine étape, soutenue par le PNUD, l'USAID et l'Agence italienne pour la coopération au développement, développera davantage les opportunités économiques tout au long du parcours.
* Les références au Kosovo s’entendent dans le contexte de la résolution 1244 (1999) du Conseil de sécurité
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