La notion de distance prend une toute autre dimension lorsque les terres avoisinnantes sont impénétrables. Nueva Luz de Arara, une communauté autochtone située dans le bassin de la rivière Yurua au Pérou en est un exemple flagrant.
Pour atteindre Breu, la ville la plus proche pour le commerce et les services, les membres de la communauté doivent compter deux ou trois jours de voyage le long de la rivière. Lorsque la rivière est à son niveau le plus bas, le voyage peut durer jusqu'à six jours.
A part la rivière Yurua, rien ne relie les communautés installées le long du bassin au reste du Pérou, à moins de parcourir à pied des centaines de kilomètres à travers une jungle dense et hostile.
L'Amazonie péruvienne est peuplée par des centaines de communautés autochtones comme celle de Nueva Luz de Arara, certaines moins isolées, mais toutes aussi peu faciles d'accès par les services gouvernementaux. Et malheureusement, leur isolation ne leur apporte pas la sécurité.
De nombreuses populations autochtones font face à des menaces constantes, comme le trafic de drogue, de terres, et l'exploitation illégale des forêts et des mines. Ces menaces mettent en péril leur survie physique et culturelle en les plaçant dans une situation d'extrême vulnérabilité.
Si un cadre juridique élaboré dans les années 1970 détermine les droits fonciers des populations autochtones, de nombreux obstacles économiques, logistiques et humains empêchent souvent l'application de ces droits.
Le PNUD est présent dans 3 régions amazoniennes du Pérou (Ucayali, San Martin et Loreto), dans le cadre d'un accord de coopération entre le Pérou, l'Allemagne et la Norvège pour assurer que les communautés autochtones disposent des instruments juridiques nécessaires à la défense et à la protection de leurs terres ancestrales.
Shawi, Awajun, Kechwa, Ashaninka et Shipipo font partie des 69 communautés autochtones du pays qui ont rejoint l'initiative. Ensemble, ils protègent plus de 300 000 hectares de forêt.
En retour, ces communautés nous ont appris à voir la terre comme un trésor unique et essentiel à la survie des générations futures.
« En protégeant ces forêts, nous, autochtones, contribuons à la santé de la planète », explique Raul Casanto, un résident de Yurua.
En honorant ses engagements en matière de promotion et de protection des droits collectifs des populations autochtones, le Pérou contribue aussi à la lutte mondiale contre la déforestation et contre les effets du changement climatique.
Cette tâche n’est pas simple, mais elle est stimulante. Elle implique de travailler, de comprendre et d’échanger avec des groupes qui ne partagent pas toujours la même vision des choses.
Cela signifie assumer ses responsabilités et atteindre des endroits aussi retirés que Nueva Luz de Arara, en mobilisant les personnes et les ressources nécessaires pour que les autochtones puissent conserver le droit à la terre qu'ils occupent depuis des siècles.
L'Instance Permanente des Nations Unies sur les questions autochtones se tient du 16 au 27 avril au siège des Nations Unies à New York. La session de 2018 met l'accent sur « les droits collectifs des peuples autochtones sur leurs terres, leurs territoires et leurs ressources ».
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