Sur les marches du Tribunal de la Famille au Caire, une jeune femme qui préfère que nous l’appelions Aïcha nous raconte une histoire qui n’est que trop courante.
« Mon mari et moi avons divorcé. Mais il a emmené ma fille aînée, il l’a kidnappée, et je ne savais pas quoi faire pour la récupérer. Je n’avais personne pour m’aider. Chaque fois que j’allais au tribunal, je revenais bredouille », dit-elle.
Pauvres, souvent analphabètes, les femmes et les hommes qui cherchent à obtenir justice ont beaucoup de mal à comprendre les procédures et des formalités administratives requises pour porter leur affaire devant l’un des 257 tribunaux de la famille que compte l’Égypte.
Depuis 2008, notre projet d’assistance juridique, en partenariat avec les ministères égyptiens de la Justice et des Affaires étrangères, et l’Agence suédoise de coopération internationale au développement, aide les personnes comme à régler leurs litiges . Près de 50 000 cas ont été traités, dont 70% de plaintes initiées par des femmes.
Omaïma Abdel Khalek, autre plaignante dans une affaire de violence domestique, explique comment le projet l’a aidée dans sa démarche.
« Lorsque je suis venue déposer plainte, le bureau d’assistance juridique m’a fait prendre conscience de beaucoup de choses que je ne connaissais pas. J’ai reçu des indications précises sur ce que je devais faire. Tous ces services m’ont été fournis gratuitement», explique-t-elle.
Le bureau qui aide Omaïma dans ses démarches est l’une des 32 structures établies par le projet dans sept différents gouvernorats du pays. Équipés électroniquement et reliés au Centre d’information judiciaire et au ministère de la Justice, ces bureaux offrent des conseils gratuits aux plaignants avant de les orienter vers les tribunaux de la famille.
Les agents examinent et complètent les dossiers, remplissent les formulaires, rédigent les plaintes pour le compte de ceux qui ne savent pas lire ou écrire, et préparent les fichiers électroniques nécessaires.
« Nous aidons les gens et en particulier les femmes à s’approprier leurs droits juridiques par eux-mêmes », explique l’avocate Gihane El Batouty, responsable du projet.
Ce projet est l’une des 55 initiatives de ce type menées par le PNUD dans différents pays à travers le monde.
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