Chaque jour à l'aube, Melitón Rodríguez et María de los Santos sortent vendre du pain chaud. Pour ces habitants de Tecamalucan, dans l'État de Veracruz au Mexique, c'est une nouvelle occasion d'offrir une vie pleine d'opportunités à leur fils de deux ans, Charli.
Chaque jour depuis avril 2016, Melitón et María emmènent Charli à la garderie de Yoltzin pour laisser l'enfant entre de bonnes mains pendant qu'ils travaillent. Yoltzin - qui signifie « petit cœur » en langue autochtone nahuatl - fait partie d'un programme gouvernemental de soutien pour les mères, pères ou tuteurs qui travaillent, cherchent un emploi ou étudient, qui vivent avec des revenus inférieurs au minimum vital et n'ont pas accès aux services de soins.
Cristina Jiménez, responsable de Yoltzin, s'est rapidement rendu compte que Charli, comparé à d'autres enfants de son âge, bougeait très peu et que ses jambes n'étaient pas assez fortes. « Nous pensions qu'il manquait de stimulation, » explique-t-elle. Ni Melitón ni María n'avaient mentionné sa condition, de peur qu'il ne soit pas accepté ou parce qu'ils l'ignoraient.
Actuellement, plus de 350 responsables de garderies pour enfants dans 9 états du Mexique sont en mesure d'identifier les signes avant-coureurs pouvant indiquer des problèmes de développement et / ou des handicaps potentiels, grâce aux outils fournis par un projet pilote mené par le PNUD en collaboration avec le gouvernement, l'OMS, l'UNICEF, et le financement du Fonds des Nations Unies pour la promotion des droits des personnes handicapées.
Grâce à l'analyse de Cristina et au répertoire d'établissements participant au projet, Charli a été orienté vers un spécialiste et diagnostiqué avec un handicap moteur et visuel qui retarde sa croissance et son développement. Aujourd'hui, il reçoit des soins spécifiques à la garderie Yoltzin où des aides-soignants le suivent quotidiennement.
Au Mexique, 144 000 filles et garçons jusqu'à l'âge de 6 ans ont un handicap, c'est-à-dire 1% de la population nationale. Le projet vise à renforcer les politiques publiques en faveur de la petite enfance et à promouvoir les droits des enfants handicapés.
Le projet vise également à se conformer à la Convention relative aux droits des personnes handicapées des Nations Unies, signée par le gouvernement mexicain en 2007.
Pour les familles, le handicap est lié à l'augmentation du coût de la vie et à la perte de revenus.
Au Mexique, il y a environ 9 200 centres pour enfants et chacune accueille plus de 30 enfants pendant que leurs parents travaillent. 30% de ces établissements desservent quelque 5 400 mineurs handicapés.
Grâce à la formation qu'elle a reçue, Cristina sait aujourd'hui comment réagir et peut compter sur des réseaux de soutien spécialisés qui suivent l'enfant et ses parents au quotidien.
Aujourd'hui, à deux ans, Charli parvient à se lever. Il joue et participe aux activités des autres enfants, qui le traitent comme un des leurs, et le comprennent s'il a parfois des difficultés. C'est un enfant heureux qui continue de progresser positivement.
« Ce projet d'inclusion pour enfants handicapés est un grand succès et il est urgent de l'étendre de manière formelle à toutes les garderies, » dit Cristina.
Après le succès de cette première étape, le projet appuye désormais 6 050 garderies dans 19 États du Mexique.
« Ces petits nous donnent une belle leçon d'inclusion basée sur le respect, la tolérance et l'amour envers les autres, » dit Cristina.
Le projet est financé par le Fonds des Nations Unies pour la promotion des droits des personnes handicapées, avec la collaboration du gouvernement mexicain.
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