Le thème de la Journée mondiale de la vie sauvage de la CITES 2021: « Forêts et moyens d’existence : préserver la planète et ses habitants » est un programme novateur visant à protéger les bonobos menacés en République démocratique du Congo.
La protection d'un primate menacé, la conservation des forêts et le leadership local vont de pair dans cette communauté du bassin du Congo.
« Salisa bonobo mpe bonobo bakosalisa yo » – « Aide le bonobo et le bonobo t’aidera ! » – est un dicton de la communauté de Kokolopori qui vit au cœur de la forêt tropicale humide du bassin du Congo.
Les bonobos sont une espèce de grand singe qui partagent près de 99 % de leur ADN avec les humains. Intelligent, émotionnel, créatif, avec des traits physiques ressemblant à ceux de l'Homo sapiens, le bonobo est considéré comme le plus proche parent de l’homme. Et pourtant, l’espèce est en danger.
L’ONG Vie Sauvage, en terres Kokolopori, a trouvé un moyen de sauver cette espèce importante.
Moins agressifs que les êtres humains, les bonobos règlent leurs conflits avant tout par des contacts sexuels ou d'autres formes de liens sociaux. Selon Albert Lotana Lokasola, originaire de Kokolopori et président et fondateur de Vie Sauvage, « S’il y a une chose que nous devrions tous apprendre des bonobos, c’est la culture de la paix ».
La coopération, le maintien de la paix et la réconciliation après un conflit sont les traits caractéristiques du comportement des bonobos et de leur société égalitaire et généralement non violente, dirigée par les femelles.
La forêt tropicale humide au sud du fleuve Congo, en République démocratique du Congo, représente le seul endroit où les bonobos survivent à l'état sauvage. Les conflits, les troubles sociaux et la pauvreté croissante dans cette région ont fait peser des menaces de plus en plus lourdes sur les bonobos. Les braconniers les convoitent pour le commerce de la viande de brousse et les parties de leur corps sont utilisées dans la médecine traditionnelle. Leur habitat tropical est également menacé par la déforestation due à l'expansion démographique, à l'agriculture et à l'exploitation forestière commerciale.
La pandémie de coronavirus a exacerbé tous ces problèmes. Ajouté au faible taux de reproduction du bonobo, les préoccupations pour la survie de ce grand singe sont vives. La communauté Kokolopori travaille sans relâche pour sortir de ce cercle vicieux.
Vie Sauvage vise à protéger l’espèce de primates tout en renforçant le rôle de la communauté locale. Le groupe lutte pour la conservation de la faune et de la forêt aux fins du développement communautaire, de la conservation et de la construction de la paix. L’ONG a aidé à créer et à gérer une « Forêt de la paix des bonobos », une réserve de 4 875 kilomètres carrés.
Comme l'explique Albert, « Le travail sur la faune est basé sur l'interdépendance qui existe entre nous [la communauté locale], la forêt et sa biodiversité. C'est avec une approche holistique, homme-faune-forêt, que Vie Sauvage travaille pour s'assurer que la Forêt de la paix de Kokolopori reste une terre d’accueil pour ses enfants. Nous pensons que séparer la forêt mère de ses enfants, c'est appauvrir l'humanité et la condamner à l'inanité ».
Vie Sauvage a mis en place des soins de santé de base pour les villageois, lancé des programmes éducatifs et créé des coopératives agricoles, ainsi qu’une initiative au profit de petites entreprises. Les emplois dans la gestion des réserves et l'écotourisme offrent également des opportunités aux villages autochtones isolés. L'activisme communautaire a été reconnu par le gouvernement national. Sous la menace du variant sud-africaine du coronavirus et de la transmission potentielle d'autres maladies telles que la variole du singe, Vie Sauvage organise une collecte de fonds pour son centre de santé afin qu'il se procure les médicaments et le matériel adéquats.
L'implication de la communauté Kokolopori est essentielle. La communauté a une connaissance inégalée de la forêt et de sa faune. Le respect des bonobos est basé sur l'histoire et les traditions Kokolopori. Il y a vingt-deux ans, ce respect a guidé la communauté dans sa décision de protéger sa forêt. « Maintenir la confiance de la communauté et continuer à développer notre modèle holistique est notre travail constant », déclare Albert.
L'accent mis sur le leadership local, le dialogue et les partenariats est la clé du succès de la zone protégée. La Forêt de la paix permet aux gens d'utiliser leur forêt de manière durable, en assurant leur prospérité et leur bien-être, et en soulageant la pression exercée sur la forêt. Par conséquent, tout en protégeant l'environnement, la communauté bénéficie d'une meilleure infrastructure, d'une meilleure éducation et de meilleurs soins de santé.
Kokolopori, la Forêt de la paix et Vie Sauvage nous montrent le service inestimable que qu’une forêt tropicale bien préservée et la protection de sa faune rendent aux communautés locales et à l'humanité.
En 2020, la communauté a reçu le prix Équateur du PNUD pour son travail, dont le monde entier bénéficie. Le bassin du Congo est la deuxième plus grande forêt tropicale humide restante de la planète, un énorme puits de carbone à l’échelle mondiale.
Albert raconte comment les bonobos l'ont aidé à promouvoir les réalisations de sa communauté : « Au lieu d'en être réduits à demander de l'aide, nous avons quelque chose à offrir au monde. Cela fait notre fierté ».
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