Dans une douzaine de districts touchés par la sécheresse en Jamaïque, des écoliers âgés d'à peine six ans, des jeunes chômeurs et des prisonniers en voie de réhabilitation apprennent à cultiver de la nourriture dans des régions où l'eau est rare.
La collecte de l'eau de pluie - une méthode simple d'adaptation au changement climatique - est actuellement testée et observée par les étudiants et les enseignants de 70 établissements de formation en zone rurale.
Plus de 65 000 gallons d’eau ont ainsi été collectés grâce au soutien du Japan Caribbean Climate Change Partnership (JCCCP), qui a fourni des réservoirs de stockage d'eau, des systèmes de transport et des tuyaux d'irrigation goutte à goutte.
Le PNUD s’est quant à lui investi dans la partie « jardins scolaires » du programme en collaboration avec le Jamaica 4H Club et le cabinet du changement climatique du Ministère de la croissance économique et de la création d'emplois.
La Jamaïque est de plus en plus touchée par la sécheresse. Une enquête socioéconomique de 2018 indique que les précipitations moyennes ont été inférieures à la moyenne sur 30 ans dans la plupart des districts. Ce sont les zones rurales les plus pauvres qui souffrent le plus.
Un approvisionnement régulier en eau pourrait renforcer la résilience, améliorer la sécurité alimentaire et créer des emplois, en particulier dans les communautés rurales.
L’école primaire Medina, dans les collines de Manchester, devait systématiquement acheter de l'eau pendant les mois d’été. Depuis la mise en place des réservoirs de la JCCCP, le jardin de l'école a récolté plus de 1 600 kilogrammes de produits.
« Nous avons ajouté du chou, des poivrons, des concombres, des tomates, des pommes de terre irlandaises, des carottes, du maïs, des bananes et des citrouilles, explique Alicia Patterson, enseignante. C’est un succès ! »
Le jardin a également créé une source régulière de revenus. Les fruits et légumes du jardins permettent de financer les repas des écoliers et apportent de nouveaux fonds au Jamaica 4H Club.
"Nous vendons une grande partie de nos produits à la cantine de l'école, nous les donnons aux élèves et aux enseignants pour qu'ils les emportent à la maison et nous faisons des paquets cadeaux aux visiteurs. Le Jamaica 4H Club a maintenant de l'argent pour les uniformes et le transport pour les sorties éducatives ", dit Mme Patterson.
Il y a un peu plus d'un an, près de l’école primaire du Mont Peto, une parcelle de terrain inoccupée à Hanovre servait en grande partie de décharge sauvage.
Les parents et les enseignants envisageaient depuis longtemps d'agrandir le jardin pour soutenir le programme alimentaire scolaire mais la sécheresse persistante les empêchait de mener à bien leur projet.
Lorsque l'école a reçu son équipement de récupération de l'eau, les parents se sont mis au travail pour défricher la terre. Leurs cultures prospèrent grâce à un arrosage régulier :
« L’équipement de collecte de l'eau a eu un impact majeur sur nous. Nous sommes maintenant en mesure de recueillir et d'emmagasiner plus d'eau, plus régulièrement » , témoigne Marvin Daley, directeur des opérations de l'école.
Deux prisons font également partie du programme : le Centre correctionnel pour mineurs de Hilltop, à Sainte-Anne, et le Centre correctionnel pour adultes de Sainte-Catherine.
Les jardins de la prison sont quasi autosuffisants en légumes, mais surtout, les détenus apprennent à utiliser la technologie pour cultiver leurs propres aliments. Il n'y a aucun doute dans mon esprit que l'argent investi par le peuple japonais a contribué à résoudre un problème important en Jamaïque ", déclare le Dr Ronald Blake, directeur exécutif du Jamaica 4H Clubs.
Texte de Gillian Scott, Analyste en communication au PNUD Jamaïque ; photo de couverture par PNUD Jamaïque/Dominic Davis. Merci à Eltha Brown, JCCCP et Jamaica 4H Club.
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