La journée de Zainab commence avant l'aube. Elle réveille sa famille, prépare le petit déjeuner, envoie ses enfants à l'école et s'occupe de son mari handicapé.
Joindre les deux bouts a toujours été difficile :
« J'ai obtenu mon diplôme d'études secondaires en 1995 et j'ai immédiatement postulé pour un emploi dans la fonction publique. Je pensais trouver un emploi rapidement, mais 20 ans après, je suis toujours sans emploi et pauvre », dit-elle.
Puis Zainab a pris une décision qui a changé sa vie, et rejoint un projet de gestion des déchets solides dans sa ville de Northern Shouneh en Jordanie. C'était un choix risqué, car le travail de tri des déchets est méprisé dans sa communauté.
Zainab est maintenant l'une des 60 femmes employées au centre de Northern Shouneh en Jordanie. Financé par le gouvernement du Canada, le projet est exécuté par le PNUD en coordination avec le ministère de l'Administration locale.
Ghadeer dirige l'équipe de 60 femmes. Elle était auparavant enseignante suppléante.
« J'adore mon travail », dit-elle. « J'ai acquis une grande confiance en moi en travaillant ici et en étant choisie comme chef d'équipe. »
« J'espère élargir le projet et créer plus d'emplois pour les femmes. Pour agrandir non seulement la station de tri, mais aussi la coopérative », explique-t-elle.
Tharwa est également heureuse du tournant que sa vie a pris. Elle avait une petite entreprise, mais depuis que son mari a quitté la famille, elle a dû trouver plus de travail.
« Lors des réunions communautaires, j'ai appris que la coopérative continuera de fonctionner après le départ du PNUD. Ce n'est pas une activité temporaire. Cela me donnera un revenu stable », dit-elle.
Vingt femmes travaillent au centre pour trier et broyer environ quatre tonnes de déchets par jour, pendant que 40 d'entre elles parcourent la ville pour encourager les entreprises et les ménages à recycler. Tharwa est l'une d'entre elles.
« J'étais très timide au début », dit-elle. « Je frappais aux portes et expliquais aux hommes et aux femmes ce qu'ils pouvaient nous donner, et comment ils devaient mettre leurs déchets de côté dans des sacs différents pour que nous puissions les récolter. »
Elle a vite constaté que les foyers qu'elle visitait mettaient régulièrement de côté canettes et bouteilles en plastique pour qu'elle les récupère.
« Imaginez que les personnes dont j'avais peur qu'elles se moquent de mon travail me demandent maintenant comment elles peuvent nous rejoindre », dit-elle.
Les femmes du centre sont payées 310 $ US par mois et mettent leurs fonds en commun pour créer une coopérative. Elles vendent les déchets aux usines de recyclage et tous les bénéfices sont partagés entre les membres.
Loin d'être mises au ban de leur communautés, les femmes inspirent le respect par leur esprit entrepreneurial :
«Mes enfants sont très fiers de moi. Quand j'ai été interviewée à la télévision, ils ont partagé l'émission avec leurs camarades de classe. Mon mari est très positif. Mes collègues ont aussi le soutien de leur famille, car c'est un environnement de travail décent pour les femmes », explique Ghadeer.
Zainab a acquis des compétences en comptabilité, en marketing, en gestion de projet et en vente et est convaincue qu'elle peut ouvrir sa propre entreprise.
« Je rêve d'ouvrir ma propre boutique de produits de nettoyage. Je vais économiser de l'argent et peut-être qu'au cours des prochaines années, j'aurai de quoi établir un projet durable », dit-elle.
Le centre a transformé ce qui était autrefois un dépotoir communautaire en un endroit dynamique où les femmes travaillent, se font des amies et se sentent en sécurité. Et ce n’est que le début.
« J'espère créer plus d'emplois pour les femmes. Pour agrandir non seulement la station de tri, mais aussi la coopérative », explique Ghadeer.
Histoire : PNUD Jordanie; Photos : PNUD/Sumaya Agha
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