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« Mes parents sont tous les deux décédés il y a longtemps, et je suis allée vivre avec mes frères et leurs épouses. Lorsqu’ils se rendaient au marché, on se moquait d’eux, on les harcelait à cause de moi, se rappelle Monica Shahi. Ils avaient honte de moi, et ce n’était pas facile d’habiter sous le même toit. J’ai songé plusieurs fois au suicide. »
Monica a fui sa famille et son village, à la recherche d’une communauté qui accepte son choix. Elle l’a trouvée à Tikapour, une municipalité à l’ouest du Népal.
« Je suis heureuse ici, même si parfois, ma famille me manque. Je ne leur ai pas rendu visite depuis mon départ, car ils ne m’ont toujours pas acceptée », dit-elle.
À Tikapour, Monica a découvert une communauté qui se montre accueillante envers les transgenres, bien qu’il ait eu de nombreux suicides dus à l’opprobre sociale et à la discrimination. C’est pour cette raison, en plus de son combat personnel pour se faire accepter, que Monica est devenue une militante des droits de l‘homme et qu’elle défend les droits des personnes lesbiennes, gays, bisexuelles, transgenres et intersexes (LGBTI).
Elle est devenue membre de la Société du diamant bleu (SDB), un groupe de pression qui s’efforce d’améliorer la santé sexuelle, les droits humains et le bien-être des minorités de genre au Népal. « Il y a une énorme communauté transgenre à Kailali et dans les collines environnantes, explique-t-elle. Avant, celle-ci comptait beaucoup de suicides, mais leur nombre diminue lentement. »
Des militants comme Monica, la SDB, la Commission nationale des droits de l‘homme et d’autres organismes locaux de défense des droits sont intervenus auprès de la Cour suprême du Népal afin de garantir l’égalité des chances pour tous et éliminer les lois et politiques discriminatoires. Ils ont plaidé pour le passage d’un amendement afin que la législation devienne plus inclusive et se fonde sur l’égalité des droits pour tous, sans considération d’identité de genre ou d’orientation sexuelle.
En 2007, la Cour suprême décrète que le gouvernement doit fournir des cartes et documents d’identité à ceux qui ne souhaitent être reconnus ni de sexe masculin ni de sexe féminin. En 2013, le Népal imprime sa première carte d’identité avec la mention « Autre » sous le genre. Et en 2015, le premier passeport comportant cette catégorie est délivré à Monica. « C’est une chose qui se fête, dit-elle. Mon passeport reflète ma vraie identité à présent. »
« Je me suis fixé trois buts dans la vie, continue-t-elle. Premièrement, obtenir une carte d’identité en rapport avec mon identité de genre. Deuxièmement, obtenir un passeport et enfin épouser un homme que j’aime. J’ai atteint les deux premiers, il me reste à accomplir le dernier. » Elle promet qu’après son mariage avec l’homme qu’elle fréquente depuis trois ans, ils iront rendre visite à sa famille en tant que mari et femme.
Le 16 septembre 2015, une nouvelle constitution a été votée au Népal. Elle protège de façon explicite les personnes LGBTI contre la discrimination, la violence et la maltraitance.
Le Programme régional de lutte contre le VIH opère dans sept pays : l’Afghanistan, le Bangladesh, le Bhoutan, l’Inde, le Népal, le Pakistan et le Sri Lanka. L’objectif principal de ce programme est de réduire l’impact du VIH et la vulnérabilité des hommes qui ont des rapports sexuels avec les hommes, des hijras et des transgenres.
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