« Nous ne supportions plus la faim, nous n’avions plus de maison, tout avait été détruit. Nous étions désespérés et ma mère a décidé de se livrer… Au lieu de nous accueillir, ils nous ont fait violence », raconte Elena de Paz, une survivante du conflit armé qui a fait rage 36 ans durant au Guatemala.
C’était en 1982, Elena n'avait que douze ans quand elle a été violée par des soldats.
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Trois décennies après avoir vu sa famille et sa communauté détruites, elle raconte son histoire. « Il est important que justice soit faite, parce que je ne veux pas que mes enfants vivent cela, cela ne doit plus jamais arriver ».
Elena fait partie des 97 témoins qui sont venus témoigner dans le cadre d’un procès pour génocide et crimes contre l’humanité qui s’est tenu en 2013. Avec le soutien du Programme de la justice de transition (PAJUST) du PNUD, les victimes du peuple Maya, parmi lesquelles Elena, ont pu se faire entendre pour la première fois dans le cadre d’un procès public.
Le projet, financé par USAID, les Pays-Bas, le Danemark et la Suède, appuie le renforcement des capacités de l’État et de la société civile afin que les droits à la vérité puissent être pleinement exercés, que la justice soit rendue, que des réparations soient accordées aux victimes et que des mesures soient mises en place afin d’éviter que de telles atteintes aux droits fondamentaux se répètent.
Le conflit a fait plus de 200 000 victimes et plus de 45 000 personnes ont disparu, dont 5 000 enfants.
Avec l’appui du PNUD, plus de 16 millions de documents des Archives historiques de la Police nationale sont désormais accessibles au public et aux institutions de justice. En outre, une Banque génétique répondant aux normes internationales a permis d’identifier près de 2 000 victimes afin que leurs restes puissent être restitués à leurs proches. Chaque année, environ 20 000 victimes et leurs proches bénéficient d’un appui juridique et psychosocial.
Le projet apporte une assistance technique et financière à des organisations de la société civile, lesquelles apportent une assistance juridique et psychosociale aux victimes et aux témoins.
Il fournit également une assistance technique aux procureurs et magistrats, en faisant appel à des experts de différentes disciplines chargés de dispenser des formations sur les normes internationales et de faciliter la coordination entre procureurs, organisations de la société civile, experts en anthropologie, organismes de l’ONU tels le bureau du Haut-Commissariat aux Droits de l’Homme et ONU Femmes, et d’autres organisations internationales.
Selon le rapport officiel de la Commission pour la vérité historique, 93 % des atrocités commises lors du conflit de 1960 a 1996 ont été perpétrées par l’armée.
« L’articulation des efforts entre les organisations de la société civile et les organismes publics peut donner des résultats très positifs en faveur des droits des victimes. Ces efforts complémentent les activités de renforcement des capacités des institutions du système judiciaire, » indique Lucy Turner, la coordonnatrice de projet.
« Le fait d’avoir rencontré des femmes qui ont vécu la même chose m’a donné plus de force et de courage, parce que je n’étais plus seule » dit Elena.
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