Notre travail de recherche avec ONU Femmes met en évidence l'influence que les gouvernements peuvent avoir sur l'évolution de systèmes – y compris les normes sociales discriminatoires et les préjugés fondés sur le sexe qui sous-tendent l'inégalité entre les hommes et les femmes. Par exemple, les réformes du marché du travail ont contribué à changer les croyances concernant l'emploi des femmes, et les politiques de congé parental ont modifié la perception qu’on pouvait avoir des responsabilités liées à la garde des enfants. Quelques rares gouvernements ont même montré comment progresser vers des objectifs multiples grâce à des politiques d’avenir qui ont la particularité d’être sensibles au genre : investir dans la résilience climatique des agricultrices, par exemple, ou alimenter les centres de soins en énergie propre.
Le PNUD appelle à des réformes économiques plus nombreuses et plus rapides pour sortir les femmes de la pauvreté, et nous aidons les pays à passer à l'action. Nous donnons la priorité aux changements de politique et renforçons les institutions pour faire progresser l'égalité par le biais d'une série d'initiatives, dont l'« équinomie ». Une telle approche met l'accent sur trois pistes d'action principales et interdépendantes :
• Développer les systèmes et les services de soins : pour contribuer à accroître la sécurité économique et combler les écarts pour les femmes, en particulier les ménages dirigés par elles, les travailleurs informels, les travailleurs migrants et d'autres personnes qui sont toujours en marge des économies nationales. En 2022, 16 pays ont étendu leurs systèmes nationaux de soins et leurs services locaux avec le soutien du PNUD.
• Développer des politiques sensibles au genre : y compris la réforme des systèmes fiscaux et le financement de l'égalité, en intégrant les priorités en matière de parité tout au long du processus budgétaire. Le Sceau de l'égalité des sexes pour les institutions publiques travaille avec les ministères des finances et les autorités fiscales dans 30 pays et dans 23 secteurs, afin de reconnaître et de soutenir les institutions publiques qui s'engagent en faveur de l'égalité des sexes et de l'autonomisation des femmes.
• Générer des données et des preuves pour influencer les politiques : pour mieux comprendre la discrimination ancrée dans les économies et les politiques actuelles, ainsi que les préjugés et les normes sociales qui entravent tout progrès. Par exemple, l'outil de suivi des médias sociaux sur le genre surveille en temps réel les discours haineux et les préjugés qui circulent sur les plateformes de médias sociaux.
Le mois prochain, des décideurs politiques, des économistes et d'autres experts de plus de 30 pays se réuniront à l'occasion du premier Dialogue mondial du PNUD sur les finances publiques et la fiscalité au service de l'égalité des sexes, à Istanbul, afin de partager leurs expériences et de tracer la voie vers des économies qui œuvrent en faveur de l'égalité des sexes et des ODD.
Ce ne sont pas des paroles en l'air. Notre nouveau laboratoire d'apprentissage mondial d’« équinomie », baptisé Equanomics, sur l'égalité des sexes dans l'économie est aussi susceptible de changer la donne. Centre de connaissances, de collaboration et d'action, il aide les économistes et les professionnels du développement à repenser l'avenir du travail, en les dotant des connaissances nécessaires pour piloter les changements structurels dont nous avons besoin pour parvenir à l'égalité des sexes.