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La région du Panchase, un écosystème montagneux de l’Himalaya népalais, abrite une nature à couper le souffle, ainsi qu’une grande diversité biologique, culturelle et religieuse.
Cependant, la hausse des températures due au changement climatique et la fluctuation des précipitations assèchent les sources d’eau et entraînent des glissements de terrain toujours plus fréquents et graves. Les pâturages surexploités sont particulièrement exposés et deviennent vite impropres aux cultures traditionnelles ou infestés d’espèces envahissantes.
De manière générale, les populations qui vivent dans les montagnes sont les plus pauvres et les plus marginalisées du monde. Les effets du changement climatique accentuent la fragilité des écosystèmes dont ces communautés dépendent. Les femmes sont les premières à en faire les frais puisqu’il leur faut davantage de temps pour aller chercher de l’eau, du fourrage et du bois.
Le projet d’adaptation des écosystèmes de montagne (EbA) vise à atténuer ces effets. Sous la houlette du Département des forêts du gouvernement népalais et du PNUD, le projet aide les femmes du Panchase à développer la culture de l’amriso, aussi appelée l’herbe à balais.
La culture de cette plante indigène est une tradition ancestrale des communautés rurales du Népal, qui ne l’utilisent généralement que pour leur usage personnel. Mais la plante a un potentiel écologique et commercial important : elle se régénère rapidement, même sur des terres dégradées, elle nécessite peu d’entretien et domine les espèces envahissantes. Son système d’enracinement en toile d’araignée permet aussi d’améliorer la stabilité des pentes et de remettre en état les terres dégradées.
Les épis de l’amriso sont utilisés pour fabriquer des balais, tandis que ses feuilles servent de fourrage pour le bétail et les tiges de combustible. Compte tenu de la forte demande des marchés locaux et de certains marchés internationaux, c’est une source de revenus stables et prometteurs. Un simple plant d’herbe à balai peut produire entre 7 et 9 balais par an et générer 6 dollars US, un bénéfice conséquent pour nombre de femmes vivant avec moins d’un dollar US par jour. Comme c’est une plante vivace, les ménages bénéficieront de ce revenu d’année en année.
« Le travail que nous réalisons n’est pas l’affaire d’un jour ou deux. Les résultats sont à long terme. Sans nul doute, nous pourrons démontrer que la culture de l’amriso sur des terres arides peut être très profitable , » dit Sabina AC, Présidente du réseau de femmes du Panchase.
Le projet a permis au réseau de femmes de louer à bail 0,25 hectares de terres arides et dégradées, ces terres ayant aujourd’hui amélioré l’environnement tout en étant économiquement productives. Le projet a aussi offert des possibilités de formation aux femmes participantes.
De plus en plus de jeunes hommes de la région s’en vont ailleurs pour améliorer leurs perspectives économiques. Ce sont donc principalement les personnes âgées, les femmes et les enfants qui restent pour entretenir les foyers. Ce déséquilibre a néanmoins créé de nouvelles opportunités pour les femmes de la région, ce qui les rend autonomes et entraîne un changement social.
« Au Népal, les femmes doivent en principe toujours assumer les responsabilités du foyer - en particulier après leur mariage. Il n’est généralement pas permis que les femmes sortent de chez elles pour aller travailler » explique Yam Kumari Dhungana, Secrétaire du réseau de femmes du Panchase.
Etant donné que l’amriso pousse vite et que sa culture et son entretien nécessitent un minimum de temps et d’efforts, cela convient bien aux femmes qui ont un emploi du temps contraignant et une charge de travail toujours plus lourde.
Avec ses 280 membres planifiant et gérant la culture de l’amriso à des fins commerciales, le réseau de femmes a permis de créer des liens sociaux forts entre les représentantes de différentes castes, contribuant ainsi à rompre les barrières sociales et culturelles.
« Il y a beaucoup de groupes ethniques différents au sein de notre communauté - généralement dans les communautés népalaises, une distance existe entre les castes, mais ici, il n’y a pas de séparation ni de discrimination, nous avons des femmes de toutes les couches sociales de la société, nous travaillons toutes ensemble, et nous en sommes vraiment heureuses » dit Yam Kumari Dhungana.
Le projet mondial d’adaptation des écosystèmes de montagne (EbA) est un partenariat entre le PNUD, le PNUE et l’UICN, financé par l’Initiative internationale pour l’adaptation aux changements climatiques du gouvernement allemand (BMUB). Guidé par les principes de gestion durable, de conservation et de rétablissement des écosystèmes, le projet vise à réduire la vulnérabilité et à améliorer la résilience de certains écosystèmes de montagne fragiles et des communautés locales concernées aux effets des changements.
Pour obtenir d’autres informations sur les activités du projet EbA, veuillez consulter les sites suivants : www.undp-alm.org/projects/mountain-eba et www.ebaflagship.org et www.np.undp.org/eba.
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