D’après les projections (PDF, anglais), Kinshasa sera la ville la plus peuplée au monde en 2075. Aujourd’hui, c’est déjà une mégalopole bouillonnante d’activité, où les arts occupent une place prépondérante.
La plupart des artistes de Kinshasa vivent dans le quartier de Lingwala, au cœur de la cité, où se trouve l’Académie des Beaux-Arts. Le plus souvent, ils occupent une chambrette qui fait aussi office d’atelier dans une concession où vivent d’autres familles.
Amourabinto Lukoji, sculpteur, aime mettre en fonction des objets en dehors de leur contexte habituel. « Ce sont les commandes d’objets usuels en ferronnerie qui me permettent de vivre, dit-il. Mes œuvres d’arts, je les réalise par passion et les donne souvent à des amis. Je ramasse des déchets dans la rue et compose mes créations sur base de ce que j’ai pu trouver et recycler en fonction de l’inspiration du moment. »
« Les habitants de Kinshasa aiment l’art mais peu ont l’opportunité et le temps de visiter les lieux de création artistique. La vie est dure ici... Pourtant l’art est une véritable thérapie pour répondre aux maux de la société » - Amourabinto Lukoji, sculpteur.
Pour Aicha Muteba Makana, peintre, la ville est la principale source d’inspiration.
“ Kinshasa est une ville souriante et chaleureuse, où foisonnent les synergies. Je peins principalement la ville et ses habitants. Une de mes dernières œuvres aborde la question de la jeunesse kinoise qui voit tout, mais ne dit rien… L’œuvre s’appelle TOKANISA LOBI, réfléchir sur le futur en Lingala. »
« Les défis de Kinshasa ? Les habitants doivent s’accrocher à la culture car c’est l’avenir ! Malheureusement notre capitale manque d’une politique culturelle. Il y a pourtant tellement d’artistes qui vivent et travaillent ici ! » - Aicha Muteba Makana, peintre.
Christian Mukenge, peintre, est aussi fondateur du projet OYO, qui organise des activités de création artisitique avec les enfants des rues de Kinshasa.
La ville compte environ 30 000 enfants qui vivent et souvent travaillent dans la rue, dans des conditions précaires et violentes. Le projet OYO leur permet d’exprimer leur vécu, leurs réalités et leurs problèmes. Et de leur apporter de la joie dans un quotidien difficile.
« Kinshasa est une ville prometteuse et optimiste, qui déborde d’énergie. Malheureusement, notre capitale manque d’espaces d’expression pour les jeunes. »- Christian Mukenge, peintre et fondateur du projet OYO.
Le PNUD s’est allié avec l’Académie des Beaux-Arts de Kinshasa pour commémorer la journée internationale de la pauvreté et discuter de la place de l’art et de l’artiste dans la lutte contre la pauvreté et l’exclusion au coeur des villes. Des thèmes aussi variés que l’art et le développement, la réinsertion des jeunes victimes des conflits, et le VIH Sida ont été abordés.
Un concours a été lancé, invitant les étudiants de l’Académie à réaliser des œuvres sur le thème de la lutte contre l’exclusion et la pauvreté. Quatre lauréats sélectionnés parmi 40 participants ont ainsi vu leurs oeuvres exposées à l’Institut Français de Kinshasa.
« L’artiste a une image positive dans la société kinoise et la population les soutient. » - Aicha Muteba Makana, peintre.
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