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Sarojani Goyal n’a que 32 ans, mais les gens viennent de loin consulter cette guérisseuse traditionnelle dans son village de Chhattisgarh en Inde. Sa formation n’est pas très académique, mais ses techniques ont été transmises de génération en génération.
Sarojini et sa soeur ont grandi à proximité de la forêt protégée des peuples Dudhitanga. Enfant, Sarojini suivait son père dans la forêt chaque jour, pour en apprendre plus sur les vertus médicinales des plantes, et l’aider à préparer des médicaments. Pour élargir ses connaissances, elle a pris un cours de naturopathie dans une école locale. Ensuite, elle a suivi une formation de botaniste, appuyée par le PNUD et le Conseil d‘Etat sur les plantes médicinales. Elle a ainsi appris à récolter les plantes sans détruire la forêt.
Les femmes comme Sarojini jouent un rôle crucial dans le système de santé de l'Inde. L'Organisation mondiale de la santé estime que près de 65% de la population dépend des guérisseurs traditionnels pour leurs besoins de santé. Depuis 2008, le ministère indien de l'Environnement, des forêts et les changements climatiques a établi un partenariat avec le PNUD pour promouvoir l'utilisation durable et la conservation des plantes médicinales dans 3 états écologiquement fragiles - Arunachal Pradesh, Chhattisgarh et Uttarakhand.
Chhattisgarh, où vit Sarojini, est particulièrement réputé pour ses plantes médicinales. Avec plus de 44% de son territoire couvert de forêts, cet état possède une riche biodiversité et est le foyer de nombreuses plantes médicinales d'importance mondiale.
Après la Chine, l‘Inde est le deuxième plus grand exportateur de plantes médicinales au monde. Chaque année, les activités de collecte et de traitement mobilisent 35 millions de jours de travail pour les populations défavorisées, soit 2,5 milliards de dollars de chiffre d‘affaires
Pour Sarojini, qui a mis en place un centre de traitement de plantes avec une réponse extrêmement positive de la communauté, c’est un marché à fort potentiel. “ Près de 285 espèces de plantes médicinales et aromatiques poussent là où je vis, c’est une formidable source de revenus », dit-elle.
Sarojini a mis en place une association de femmes qui, après une formation en pratiques de récolte respectueuse de l’environnement, transforme et emballe les plantes médicinales dans divers points de vente de la région. Chaque mois, l’association génère environ 220 dollars de revenu. « Toutes les femmes du village veulent nous rejoindre après avoir réalisé le potentiel des plantes médicinales. Nous les utilisons toutes dans notre vie quotidienne et certaines, comme l’aloe vera, poussent dans nos maisons ”, explique Ambika Prajapati, une femme du groupe.
Comme Ambika, de nombreuses personnes de la région ont leurs propres jardins d’herbes. Avec l’appui du PNUD, ce sont maintenant plus de 12.000 ménages qui cultivent des plantes médicinales traditionnelles à la maison. Dans les trois États, près de 25.000 hectares de terres ont été répertoriés comme aires de conservation, ce qui permet d’éviter la surexploitation commerciale et les pratiques de récolte non respectueuses des forêts.
Des campagnes de sensibilisation dans les écoles et les villages encouragent les familles à cultiver et protéger leur patrimoine de plantes médicinales. Plus de 900 000 jeunes plants ont ainsi été distribués dans 200 villages.
Tula Ram Dhru, un guérisseur traditionnel de 62 ans, tient un registre de tous ses patients et consultations pour documenter ses connaissances. Les People’s Biodiversity Registers (registres de la biodiversité par les peuples) contribue à mettre sur pied un recensement des ressources bio-génétiques de l’Inde et à lutter contre le biopiratage et le détournement illicite des connaissances. Jusqu’à présent, 16 comités ont été mis en place dans les 3 états.
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