La musique est bien plus qu’une forme d’expression artistique ; elle peut aussi contribuer à une affirmation culturelle, mettre du baume au cœur dans les moments difficiles ou nouer des relations avec des gens dans le monde entier.
« Pendant la pandémie de COVID-19, la musique est aussi devenue un « remède » », explique Gabriela, une violoniste de 19 ans.
D'après une étude de l’UNICEF, un jeune sur cinq âgé de 15 à 24 ans déclare avoir connu un sentiment de dépression ou de désintérêt en raison de l’isolement causé par les restrictions liées à la pandémie.
Gabriela fait partie d’un orchestre créé dans le cadre de NEOJIBA, un projet qui rassemble de nombreux orchestres d’enfants et de jeunes dans l’État de Bahia au Brésil. En juillet 2020, Gabriela est allée sur le balcon de sa maison pour jouer du violon. Et elle n’était pas la seule : 1950 membres de son orchestre l’accompagnaient depuis leurs balcons ou leurs fenêtres.
Pendant que vous lisez cette partie de l'article, vous pouvez écouter « Il Guarany », un opéra composé par Antônio Carlos Gomes et interprété par des membres de l’Orchestre 2 de Julho, principal l’orchestre du projet NEOJIBA.
La musique ne peut pas guérir une pandémie, mais elle peut guérir l’âme. Dans certaines régions du Brésil, la musique est également un tremplin vers l’insertion sociale.
Le projet NEOJIBA dispose de 13 centres dans l’ensemble du pays, qui utilisent l’éducation musicale et la pratique en groupe pour favoriser l’épanouissement et l’insertion de jeunes filles et garçons en situation de vulnérabilité.
Une étude a démontré que la pratique musicale aide les jeunes à intérioriser des comportements essentiels pour l’insertion sociale comme l’attention, le travail en équipe ou la synchronisation.
« Ce projet ouvre de nouvelles perspectives pour favoriser le développement social et révolutionne la gestion, l’enseignement et la pratique de la musique dans l’État [de Bahia] », explique Ricardo, pianiste et directeur de l’Orchestre NEOJIBA.
Les participants au projet atteignent leurs objectifs grâce à la discipline qu’exige la musique, ce qui développe chez eux un sens de l’autonomie et des responsabilités, autant d’outils qui vont faciliter leur insertion dans la société.
« J’étais maçon et j'ai eu la chance de faire de la musique. J’ai étudié, j’ai regardé la réalité en face et je me suis saisi de l’archet. Si vous vivez une situation difficile, vous devez trouver un moyen de vous en sortir », explique Joás, un membre de l’orchestre.
Selon les données du projet, environ 44 % de ses membres sont issus de foyers dont le revenu total est inférieur ou égal à un salaire minimum.
L'engagement social et musical de ces jeunes est si fort qu’ils ont même lancé une campagne internationale pour accueillir de jeunes musiciens ukrainiens.
Vous pouvez écouter l’ensemble à cordes du programme NEOJIBA jouer de la musique baroque, sous la direction de la violoniste suisse Chiara Banchini.
« Je n’avais jamais tenu un violon dans mes mains et je n’aurais jamais imaginé jouer d’un instrument un jour », confie Lucas avec enthousiasme.
La proximité avec l’instrument est essentielle pour que chaque fille, garçon, adolescent ou jeune adulte puisse se familiariser avec celui-ci et former un lien puissant avec la musique et l’orchestre.
Grâce aux appels d’offres internationaux facilités par le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), le programme NEOJIBA a pu acquérir 1 030 instruments de musique, 675 matériels d’orchestre et 424 appareils multimédia en réalisant une économie de 50 %.
Chaque participant peut désormais choisir un instrument et l’emporter à la maison. Chaque instrument ayant une durée de vie utile de 10 ans, on peut ainsi former plusieurs générations de musiciens et accroître l’impact du programme à long terme.
Le siège de NEOJIBA, situé dans ln lieu chargé d’histoire qu'est Parque do Queimado (Bahia), a également été rénové avec le soutien du PNUD, ce qui a permis d’améliorer la qualité des infrastructures et de maximiser l’impact positif du projet pour la population.
Désormais, les musiciens peuvent se produire et répéter dans une salle aux caractéristiques acoustiques exceptionnelles. De telles conditions favorisent les progrès techniques, renforcent la confiance en soi et la motivation pour pérenniser le projet.
Grâce à ces améliorations, les orchestres du programme ont donné plus de 1 600 concerts qui ont rassemblé 830 000 spectateurs au Brésil et à l’étranger.
Vous pouvez écouter l’Orchestre 2 de Julho interpréter « Aquarela do Brasil » d’Ary Barroso pendant que vous lisez cette partie de l'article.
Luis Felipe, qui participe au projet, utilise le mot « impressionnant » pour qualifier son orchestre. « Impressionnant de voir comment tout le monde se rassemble pour faire quelque chose d’unique… C’est une connexion entre des individus », dit-il.
Le projet équipe, rassemble, soutient et forme des musiciens. Les élèves, les enseignants et les participants au projet reçoivent une formation théorique et instrumentale dispensée par des professionnels. Des cours de langage musical, de chant choral et d’instruments dont la contrebasse, le violoncelle, le violon, l'alto, la clarinette, le basson, la flûte, le hautbois, le tuba, le trombone, le cor anglais, la trompette, la guitare et les percussions sont proposés dans ce cadre. Certains apprennent même les bases de la fabrication et de la réparation d’instruments.
L’initiative contribue à l’insertion sociale à travers un langage universel : la musique. L’inclusion est également un aspect important car tout le monde peut s’inscrire aux cours.
« Vous choisissez votre instrument, le moment où vous voulez commencer et votre rythme pour apprendre et travailler », explique Ricardo, le directeur.
Aujourd’hui, ce sont plus de 10 000 participants qui pratiquent la musique grâce dans le cadre du projet. Indirectement, 4 500 autres personnes ont bénéficié d’activités menées à l’initiative des membres. Le programme propose également des formations aux éducateurs.
« J’ai accès à d’excellents professeurs. J’ai une ouverture sur le monde », déclare fièrement Marcelle.
Le Brésil n’est pas une exception. Au Chili, en Irak, au Panama, en Syrie et en Ukraine, la musique est également perçue comme un langage universel essentiel pour le bien-être des individus, la compréhension de l’autre et la construction d’un monde plus inclusif.
« Vous avez ce sentiment qui brûle dans la poitrine et vous vous dites que la musique a le pouvoir de changer nos vies », confie Joás.
Comme dans une coda, la musique doit continuer jusqu’à ce que ces filles, ces garçons et ces jeunes puissent s’épanouir sur le plan musical, personnel et professionnel dans une perspective d’insertion sociale adaptée à leurs situations.
Grâce à des partenaires comme le PNUD et le Secrétariat de la Justice, des Droits humains et de la Justice sociale de l’État de Bahia, le projet peut maintenir et accroître son appui en faveur d'actions de prévention de la violence, de réduction de la pauvreté et d’orientation psychosociale des jeunes.
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