« Nous ne pouvons pas vivre dépossédés de notre terre », explique Cirila Tete, chef du dernier refuge de l’ethnie amazonienne Harakmbut, la réserve communale Amarakaeri.
En tant que membre de l'une des 10 communautés autochtones de ce territoire protégé, Cirila défend la forêt primaire la plus vaste et la mieux conservée du sud de l’Amazonie péruvienne. La région subvient aux besoins de plus de 1 700 autochtones et Cirila est l’un de ses gardiens, s’employant à la protéger des ravages de l’exploitation minière et de la déforestation illégale.
Parce qu’elles transforment le dioxyde de carbone en oxygène, les forêts tropicales humides sont souvent considérées comme les « poumons de la planète. » Protéger cette ressource naturelle est donc l’une des manières les plus efficaces de lutter contre les changements climatiques.
Les peuples autochtones jouent souvent un rôle clé dans la lutte contre les changements climatiques et la pauvreté, notamment au Pérou, où 24 % de la population est d'origine autochtone. Avec l’appui du PNUD, ils mettent en œuvre le projet de conservation, d’adaptation et d’atténuation le plus ambitieux du Pérou : l’Initiative en faveur des autochtones d’Amazonie REDD+. Celle-ci a pour objectif la réduction des émissions de CO2 causées par le déboisement et la dégradation des forêts.
Un dicton harakmbut affirme que les autochtones qui vivent dans les forêts Amarakaeri sont « un peuple de guerriers ». Avec l’appui de 12 gardes forestiers du Service national des zones naturelles protégées , les autochtones Harakmbut sont les seuls gardiens de ce territoire de plus de 400 000 hectares.
Ascencio Patiachi est l’un des plus vieux gardes forestiers du parc. Il connaît la réserve Amarakaeri comme sa poche.
« Le peuple autochtone prend soin de cette forêt depuis des centaines d’années. Nos ancêtres nous ont légué ces terres afin que nous ne manquions de rien, afin que nos enfants aient un avenir », explique Patiachi.
Il y a deux ans, Patiachi a décidé de s’aventurer à travers l’Amazonie. Pendant six jours, il a exploré les lieux les plus éloignés de la réserve. Il y a découvert le « visage Harakmbut », le visage d’un autochtone sculpté dans la roche : un lieu sacré. Ce monolithe n’était connu que grâce à des photographies datant des années 30.
Cependant, les appareils photos qui ont permis de documenter le voyage de Patiachi ont également révélé un paysage dévasté : un grand désert en Amazonie.
Ce désert est l’héritage désolant des chercheurs d’or, arrivés dans le sud-est de la réserve en 2013. Ils y ont déboisé plus de 12 000 hectares de forêt, une surface qui représente environ 17 000 champs de football.
« L’absence d’emplois dans nos communautés a contraint beaucoup de personnes à exploiter illégalement les forêts. Certaines personnes s’interrogent : pourquoi prendre soin de l’environnement ? En quoi cela nous aide-t-il ? » se lamente Patiachi.
« Les forêts sont notre culture. C’est le lieu où nous préservons notre sagesse et notre identité pour les transmettre aux futures générations », dit William Tete, ancien président de la communauté amazonienne de Boca Isiriwe.
L’Initiative en faveur des autochtones d’Amazonie REDD+, mise en œuvre depuis 4 ans déjà, œuvre de concert avec 390 communautés autochtones du bassin amazonien pour réduire les émissions de gaz à effet de serre. Le projet réconcilie la vie communautaire avec la protection forestière.
EbA Amazonía est un autre projet dirigé par le Service national des zones naturelles protégées, avec l’appui technique du PNUD et l’appui financier du Gouvernement allemand. Grâce à l’introduction de techniques durables de récolte, d’élevage de poissons et de tourisme expérimental, les communautés luttent contre les changements climatiques et créent de nouveaux moyens de subsistance.
Ainsi, ces communautés garantissent un avenir à leurs enfants, pour qu’ils puissent jouir de l'héritage légué par leurs ancêtres et que le monde continue de bénéficier de leurs richesses culturelle et environnementale.
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