« Personne ne veut quitter sa maison, mais que pouvons-nous faire ? Chaque jour au réveil, nous apprenions qu'une maison ou un bâtiment voisin avait été bombardé, que pouvions-nous faire d'autre ? », a déclaré Talia, qui a pris la décision difficile de quitter la capitale soudanaise, Khartoum, pour se rendre en Égypte.
On ne devient pas réfugié(e) par choix. Les personnes traversent les frontières internationales pour fuir la guerre, la violence et les catastrophes. Elles connaissent souvent des souffrances extrêmes, des pertes familiales catastrophiques et des traumatismes, et sont victimes de violences fondées sur le genre. Elles ont souvent perdu leurs documents officiels, leurs biens et leurs revenus.
Ils sont généralement privés de services essentiels et se heurtent à des obstacles pour accéder aux possibilités économiques dans les pays d'accueil, ce qui les rend dépendants de l'aide internationale pour leur alimentation, leur santé, leur protection, leur éducation et pour satisfaire d'autres besoins. Les femmes et les jeunes sont particulièrement touchés.
Talia était une parmi 47,8 millions de personnes dans le monde qui étaient réfugiés, demandeurs d'asile ou qui avaient besoin d'une protection internationale en septembre 2023. Entre 2016 et 2022, le nombre de réfugiés a doublé, sous l'effet de crises comme celle au Soudan, en Afghanistan, au Myanmar, dans la région du Sahel en Afrique, en Syrie, en Ukraine et au Venezuela.
L'escalade de la guerre en Ukraine suite à l'invasion russe a entraîné l'afflux de réfugiés le plus rapide depuis la Seconde Guerre mondiale.
« Le 24 février 2022, les tirs et les explosions se sont intensifiés, des avions nous survolaient. C'était effrayant. C'est pourquoi j'ai décidé de partir. Jusqu'alors, je n'avais vu de telles scènes qu'à la télévision et dans les films », a déclaré Zinaida, une femme de 70 ans.
Elle s'est rendue en Moldova voisine. « Nous avons été accueillis partout, même à la douane, on nous a offert de l'eau, de la nourriture et du thé. J'ai vu beaucoup d'empathie. L'attitude des Moldaves est très bonne et accueillante », a-t-elle salué.
En Moldova, le PNUD s'est efforcé de répondre aux besoins immédiats des réfugiés ukrainiens, de leur trouver un abri dans la dignité et de les aider à reconstruire leur vie. Zinaida a pu suivre des cours de langue qui lui ont permis d'interagir avec la population locale. « En même temps, ces cours m'ont aidée à surmonter la peur et l'anxiété », a-t-elle déclaré.
Le Pérou abrite la deuxième plus grande population de réfugiés et de migrants vénézuéliens – 1,5 million – et le plus grand nombre de demandeurs d'asile en Amérique latine, selon le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
« Lorsque j'ai vu l'immensité du désert dans le nord du Pérou, j'ai eu peur », a déclaré Roselyn, qui l'a traversé depuis le Venezuela. Elle a été aidée à créer une entreprise de vente de pièces détachées de bicyclettes en ligne par la plateforme CREANDO, soutenue par le PNUD, qui défend l’entrepreneuriat parmi les migrants, les réfugiés et les populations d'accueil. Son entreprise a élargi ses services et recruté davantage de personnel. « Pour moi, le plus important est d'embaucher des personnes qui s'investissent dans leur travail, la nationalité est secondaire », a-t-elle expliqué.
CREANDO a aidé des centaines d'entrepreneurs, a élargi les possibilités d'intégration économique, a favorisé la cohésion sociale et a aidé les Vénézuéliens à contribuer à la vie dans leur pays d'accueil. Le Fonds monétaire international estime que les migrants et les réfugiés vénézuéliens contribueront à une croissance de 4 pour cent de l'économie péruvienne.
Après l'arrestation de son mari au Soudan du Sud, Grace a fui avec ses enfants et sa mère en Ouganda pour se mettre à l'abri du conflit civil. « Mes enfants et moi avons été meurtris par les attaques physiques des forces armées, mais je n'ai jamais abandonné. Je suis venue en Ouganda avec tous mes enfants pour que nous puissions reconstruire notre vie ici », a-t-elle déclaré.
En Ouganda, elle éprouve toujours des difficultés à satisfaire ses besoins essentiels, notamment en matière de soins médicaux et d'éducation pour ses enfants. « Je n'ai reçu que de petites quantités de nourriture de l’aide humanitaire qui n’étaient pas suffisantes pour ma famille, et ainsi je ne pouvais pas répondre aux besoins fondamentaux de ma famille », a déploré Grace.
La vie a pris un tournant différent lorsqu'elle a rejoint les activités « Argent contre travail » mises en œuvre par le projet d'autonomisation des communautés d'accueil et de réfugiés en Ouganda, soutenu par le PNUD et l'Agence coréenne de coopération internationale (KOICA). Elle a également bénéficié d'une formation en gestion d'entreprise.
Grace a pu nourrir sa famille, mettre de l’argent de côté, payer les frais de scolarité de ses enfants et les factures médicales de sa mère, acheter des porcelets et ouvrir un petit magasin. Lorsque les femmes sont plus autonomes, les communautés, en particulier celles qui sont touchées par un conflit, connaissent une reprise économique plus rapide.
La Türkiye a continué d'accueillir le plus grand nombre de réfugiés à la fin de l'année 2022, soit près de 3,6 millions de personnes, fuyant pour la plupart le conflit et la violence en Syrie. Le PNUD travaille avec le gouvernement pour stimuler la création d'emplois pour les réfugiés et les communautés d'accueil, y compris les activités génératrices de revenus pour les femmes vivant dans les zones rurales.
Rabiye, une femme turque vivant dans une communauté d'accueil, possède une entreprise de séchage d'aliments. Le PNUD lui a fourni un véhicule et des équipements pour son séchoir hygiénique, ce qui lui a permis d'augmenter considérablement le rendement des ventes de produits et d'étendre son activité, créant ainsi de nouvelles possibilités d'emploi.
« Grâce à ce projet, je dirige à présent ma propre entreprise. Mes ventes ont augmenté. De plus, mes clients étrangers ont beaucoup apprécié mes produits. Devant l'intérêt suscité, j'ai commencé à travailler à plus grande échelle et, l'intérêt grandissant, j'ai eu besoin de plus de travailleurs », a-t-elle déclaré.
Chaque réfugié est convaincu que son avenir sera meilleur que son passé et bien souvent, que son présent également. Les réfugiés peuvent apporter une contribution essentielle aux économies et aux communautés d'accueil et d'origine. Ils peuvent combler les lacunes du marché du travail, stimuler le commerce et apporter leurs connaissances, leurs compétences et leurs réseaux. Ils peuvent également contribuer au redressement, à la reconstruction, à l'action climatique et à la paix dans leur pays d'origine, en aidant à créer les conditions du retour et de la réintégration.
Plus de 70 pour cent des réfugiés ont été accueillis dans des pays voisins, et la majorité d’entre eux sont les pays à revenu faible ou moyen – et non les États riches – qui accueillent le plus grand nombre de réfugiés (76 pour cent).
Sans le soutien international nécessaire, les infrastructures et les services, les pays en développement peuvent avoir du mal à répondre aux immenses besoins des personnes déplacées de force et des communautés d'accueil, ce qui pèse sur leurs économies, leurs services publics et leur cohésion sociale.
Les réponses globales à la situation des réfugiés doivent s’attacher à alléger la pression exercée sur les communautés d'accueil, ainsi qu’à se passer progressivement de l'aide humanitaire à mesure que les personnes déplacées retrouvent leur autonomie. Avec le soutien et les ressources nécessaires, les pays accueillant d'importantes populations de réfugiés peuvent créer les conditions leur permettant de devenir autonomes et de contribuer au développement durable pour eux-mêmes, pour leurs hôtes, pour les pays d'origine et pour des communautés internationales plus larges.
Le Forum mondial sur les réfugiés, qui a lieu tous les quatre ans, permet de mesurer les progrès accomplis dans la mise en œuvre du Pacte mondial sur les réfugiés. Lors du deuxième Forum mondial sur les réfugiés, qui se tient à Genève du 13 au 15 décembre, le PNUD s'engage à étendre son action dans plus de 30 pays pour s'attaquer aux facteurs de déplacement transfrontalier, répondre aux besoins des populations déplacées de force, des apatrides et des communautés d'accueil, tout en créant les conditions d'un retour et d'une réintégration volontaires.
En investissant dans la solidarité, les gouvernements peuvent réduire les niveaux historiques de déplacement forcé, répondre aux besoins des réfugiés et des communautés, et alléger la pression sur les pays hôtes et ceux qui accueillent les rapatriés.
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