« En plus des vies humaines perdues, c’est à la disparition de sources de revenus, à l’effondrement des services de base, et pire encore, à une perte totale d’espoir que nous sommes en train d’assister. »
− Sudipto Mukerjee, Représentant résident du PNUD en Syrie
« Nous étions en train de dormir quand le séisme a frappé. Nous avons d’abord senti que le sol commençait à trembler. J’ai à peine eu le temps de rassembler mes enfants et de les emmener dehors. Notre appartement est au rez-de-chaussée. Les murs se sont effondrés », se souvient Umm Joud, qui vit dans le gouvernorat de Lattaquié, en Syrie. Contrainte de quitter sa maison, elle a dû être déplacée pour la deuxième fois de sa vie.
Le 6 février à 4 h 17, un séisme de magnitude 7,8 a frappé la Syrie et la Türkiye − l’un des pires tremblements de terre enregistrés dans la région depuis près d’un siècle. Tandis que le nombre des victimes continue d’augmenter, ce sont déjà plus de 1,5 million de personnes qui ont besoin d’un abri en Syrie.
Avec 15,3 millions de personnes − soit 70 % de la population − nécessitant une aide humanitaire, la situation en Syrie était dramatique avant que ne survienne cette nouvelle catastrophe. Des personnes déjà en souffrance se retrouvent désormais sans toit, à la merci des intempéries.
Après 12 années marquées par la guerre et les déplacements de population, le tremblement de terre n’a fait qu’aggraver la crise que traverse le pays. Déjà mises à mal par le conflit, les infrastructures ont été endommagées par le séisme, de nombreux bâtiments − y compris des écoles et des hôpitaux − ayant subi des dégâts quand ils ne se sont pas complètement effondrés. Les besoins de carburexpant et de matériel médical sont énormes. Le tremblement de terre s’est produit alors que certaines régions du Moyen‑Orient subissaient une tempête de neige et des conditions météorologiques difficiles.
« Avec toutes ces destructions, en plus des vies humaines perdues, c’est à la disparition de sources de revenus, à l’effondrement des services de base, et pire encore, à une perte totale d’espoir que nous sommes en train d’assister », a déclaré Sudipto Mukerjee, représentant résident du PNUD en Syrie, lors d’une visite à Alep, dont la région figure parmi les plus touchées.
L’ONU a lancé un appel éclair en vue de mobiliser 397,6 millions de dollars qui serviront à financer l’aide d’urgence dont auront impérativement besoin 4,9 millions de personnes durant les trois prochains mois.
En tant que membre de l’équipe de pays des Nations Unies, le PNUD collabore avec des acteurs locaux pour répondre à l’urgence humanitaire en fournissant des abris, de la nourriture, de l’eau et des soins, en déployant des équipes et du matériel spécialisés, et en soutenant le travail effectué dans les zones touchées pour évaluer les risques que font courir les habitations et les infrastructures endommagées.
Au-delà des besoins urgents, il apparaît clairement, au vu de l’ampleur de la catastrophe et de la vulnérabilité des personnes touchées, que le relèvement sera difficile et prendra du temps.
Le PNUD collabore avec ses partenaires pour faire en sorte que les personnes touchées bénéficient d’un soutien durant cette période. Nous évaluons les dégâts et l’ampleur de la crise afin de mieux cerner les besoins immédiats et les besoins à plus long terme en matière de reconstruction et de développement.
« Nous nous efforçons d’évaluer rapidement les dégâts causés par le séisme aux infrastructures et aux bâtiments, afin que ceux-ci puissent être réparés au plus vite et que la vie puisse retrouver un semblant de normalité », a indiqué Sudipto Mukerjee.
Pendant que cette évaluation suit son cours, le PNUD s’attache à apporter une aide immédiate vitale lorsque se produisent des catastrophes de ce type. Cela comprend notamment un soutien à la coordination des interventions au niveau local, à l’analyse de données et au déblaiement des décombres. Ce dernier point est capital pour ouvrir des couloirs humanitaires et pour préparer le terrain en vue de reconstruire, de restaurer les services et d’injecter de l’argent dans les ménages.
Nous utilisons la télédétection et l’analyse d’images satellitaires pour avoir une meilleure vue d’ensemble des dégâts dans la zone touchée.
Le PNUD envisage en outre de remettre rapidement en état des infrastructures essentielles comme les établissements de santé et d’enseignement et les réseaux d’eau. Les dégâts causés à ces réseaux font courir des risques multiples dans une région où le choléra était déjà présent.
Le tremblement de terre a aussi aggravé la crise actuelle de l’électricité et des carburants. Aussi, nous équipons les abris et les centres de services de dispositifs légers qui permettent de produire du courant pendant les coupures d’électricité.
Le PNUD s’appuie également sur des programmes en cours pour soutenir les populations touchées dans le domaine psychosocial. Depuis le tremblement de terre, le PNUD a ainsi apporté une aide psychologique et un soutien psychosocial à plus de 300 personnes à Alep, Lattaquié, Hama, Damas − en ville et dans le gouvernorat de Rif Dimachq − et Tartous.
« Nous allons nous rapprocher des populations et essayer de rétablir leurs sources de revenus. Nous veillerons en faisant cela à préserver la cohésion sociale et la paix. Et surtout, nous nous efforcerons de redonner foi en l’avenir à la population », a déclaré Sudipto Mukerjee.
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