Cette année, l’Assemblée générale des Nations Unies a convenu que tous les humains ont le droit à un environnement propre, sain et durable. Le nouveau droit de l'homme universel a été confirmé, donnant aux activistes climatiques du monde entier de nouveaux outils dans leur lutte contre les effets dévastateurs du changement climatique.
Et ceci intervient au commencement d’une campagne d’un an visant à marquer 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’homme, un jalon dans l’histoire de l’humanité, qui a jeté les bases de plus de 70 traités relatifs aux droits. Le point central de la Déclaration universelle des droits de l'homme est la dignité et l'égalité des droits pour tous les peuples. Cela est essentiel au mandat du PNUD de soutenir le développement humain durable et la réalisation des Objectifs de développement durable (ODD).
Toute la vision de la déclaration est mise à mal par les menaces du changement climatique. Les gens ne peuvent pas exercer pleinement leurs droits sans un environnement propre, sain et durable.
Ce nouveau droit a donné des outils plus nombreux et plus performants à tous ceux qui luttent contre la plus grande menace pour les droits de l'homme de notre époque.
Les changements climatiques, le déclin de la biodiversité et la pollution mettent en péril des décennies de progrès, exacerbent les conflits et creusent les inégalités structurelles. Si l’on ajoute les conséquences de la COVID-19, plus de 150 millions de personnes pourraient basculer dans l’extrême pauvreté d’ici 2030, selon les estimations de la Banque mondiale. Et les pays en développement supporteront jusqu’à 80 % du coût des changements climatiques.
Une démarche fondée sur le respect des droits de l’homme contribuera à réduire les inégalités, atteindre ceux qui sont le plus en retard et permettre à tous de jouir de leur droit à un environnement propre, sain et durable. Cela signifie que les gouvernements doivent s'attaquer aux structures de pouvoir inégalitaires qui ne permettent pas la responsabilisation et empêchent toute personne de revendiquer ses droits.
« Ce qui est différent à présent, c'est que nous disposons d’un document des Nations Unies qui tient tous les États pour responsables. » – Sara Omi, présidente de la coordinatrice des femmes leaders territoriales de Mésoamérique et conseillère principale de l'Association des femmes artisanes Embera, au Panama.
« La légitimité de notre combat est établie. C'est une étape importante en termes de responsabilité pour le changement climatique. » – Yero Sarr, étudiante et cofondatrice du mouvement des « Vendredis pour l’avenir » au Sénégal.
Les pays où la protection de l'environnement est inscrite dans la constitution ont des lois environnementales plus fortes, et les pays dotés de lois environnementales plus fortes ont réduit plus rapidement leur empreinte écologique et leurs niveaux de pollution. L'Argentine, le Costa Rica et les Philippines sont des exemples de pays où les droits environnementaux constitutionnels ont permis de renforcer la protection de l'environnement en passant par les tribunaux.
Afin d'aider les pays à utiliser une approche fondée sur les droits de l'homme pour l'action environnementale, le PNUD a lancé une stratégie de justice environnementale (disponible en anglais).
Les personnes doivent être au centre de la réponse aux crises environnementales. Au Viet Nam, le PNUD soutient une démarche qui place les besoins des personnes, et notamment des groupes vulnérables, au cœur des décisions prises par le pays.
Le PNUD travaille avec des femmes, des peuples autochtones, des jeunes et des personnes en situation de handicap par le biais du Programme de microfinancements, de l’Innovation Small Grant Aggregator Platform [plate-forme de regroupement des microfinancements pour l’innovation] et de l’Initiative Équateur. Cette dernière offre des opportunités aux peuples autochtones qui représentent 15 % des plus pauvres du monde, alors qu'ils ne constituent que 4 % de sa population.
Le PNUD travaille également avec les institutions nationales de défense des droits de l'homme qui jouent un rôle essentiel à l'avant-garde des efforts visant à mettre en évidence les dimensions et les effets de la crise climatique sur les droits de l'homme en assurant le suivi, la communication de données et la formulation de conseils sur une action climatique fondée sur les droits.
Animés par un sentiment d’urgence, les jeunes continuent d’influencer et de militer en faveur d’un véritable changement, impliquant une responsabilisation des comportements et une volonté politique plus forte de la part des secteurs public et privé.
« Je continuerai à éduquer les communautés, à planter des arbres et à demander des comptes à nos décideurs politiques en leur rappelant de tenir leurs promesses en matière de climat » – Fatou Jeng, fondatrice et directrice de l'association Clean Earth Gambia, dirigée par des jeunes.
La récente note d’orientation du PNUD intitulée « Aiming Higher » [Viser davantage], vise à ce que les jeunes s'engagent de manière significative dans l'action climatique. En Asie-Pacifique, avec le soutien du Programme mondial du PNUD sur l'État de droit et les droits de l'homme et en partenariat avec le HCDH et le PNUE, un groupe consultatif de jeunes sur la justice environnementale et climatique issu de la plateforme Youth Empowerement in Climate Action (YECAP) [Autonomisation des jeunes dans l'action climatique] travaille au renforcement de l'État de droit environnemental dans la région.
Lorsque les entreprises respectent les droits de l'homme, elles peuvent être une force bénéfique.
Sur la base des Principes directeurs de l’ONU relatifs aux entreprises et aux droits de l’homme, le PNUD veille à ce que les entreprises fassent preuve de diligence raisonnable en matière d'environnement et de droits de l'homme dans leurs chaînes d'approvisionnement.
En partenariat avec l'Union européenne, l'équipe du PNUD chargée des entreprises et des droits de l'homme en Asie a lancé une émission proposant une série de débats sur Internet intitulée Asia in Focus [L’Asie en point de mire], pour mettre en lumière les liens entre les entreprises, les droits de l'homme et l'environnement.
Dans de nombreux pays, l'industrie minière est à la fois une menace pour l'environnement et vitale pour les économies. Le programme de gouvernance environnementale du PNUD, une initiative conjointe avec l’administration suédoise de la protection de l’environnement, sert à prévenir les impacts négatifs de l'exploitation minière. En 2021, il a permis de collaborer avec des législateurs et des experts en Colombie, au Libéria, en Namibie, en Mongolie et en Zambie pour améliorer des lois et principes dans le secteur minier.
La conclusion est simple. Les objectifs de l’Accord de Paris, du Cadre mondial de la biodiversité pour l’après-2020 et du Programme de développement durable à l’horizon 2030 ne pourront être atteints que si le droit à un environnement propre, sain et durable, ainsi que d’autres droits de l’homme, sont pleinement respectés.
En cette Journée des droits de l’homme, le PNUD célèbre ce nouveau droit universel à un environnement propre, sain et durable et l'universalité de tous les droits humains. Pour marquer le 75e anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l'homme, nous réaffirmons notre mission et notre travail visant à assurer une approche du développement basée sur les droits de l'homme, dans un monde où les gens jouissent de l'égalité et de la justice, vivant et travaillant en harmonie avec la nature.
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