Alors que vous lisez ces lignes, 1,8 milliard de jeunes – la plus grande génération de jeunes de l'histoire – sont en voie de devenir des adultes.
Cette période est déterminante non seulement dans leur développement personnel, mais aussi pour l’avenir du monde.
Les jeunes générations d'aujourd'hui ont beaucoup à assumer : elles portent encore les marques d'une crise financière de plus d’une décennie et subissent les effets d'une crise climatique bien ancrée dont elles ont hérité.
Elles héritent également du début d'une pandémie sans précédent depuis des générations, qui a obligé plus de 1,5 milliard d'étudiants et de jeunes à quitter leurs écoles et leurs universités en raison du confinement.
Avant même la COVID-19, un jeune sur cinq était hors du circuit scolaire ou au chômage – trois sur quatre étaient des femmes. La pandémie pourrait encore accroître ce problème.
Paradoxalement, c’est la génération la mieux préparée et la plus entreprenante.
Avec 71 % des jeunes du monde qui naviguent sur internet, contre 57 % des autres groupes d'âge, c’est aussi la génération la plus connectée, qui n’hésite pas à se tailler un espace de prise de parole afin de lutter contre l'injustice et les inégalités, notamment sur les réseaux sociaux.
En 2019, l'Inde est devenue le pays le plus jeune du monde avec un âge médian de 27 ans. Toutefois, l'âge médian des dirigeants politiques est de 64 ans.
Les jeunes d'aujourd'hui se retrouvent exclus de la prise de décision. Leur donner une voix où les règles sont élaborées est non seulement juste, mais aussi intelligent : les jeunes peuvent apporter des idées et des perspectives nouvelles, créatives et innovantes.
« Nous ne pouvons pas reproduire les mêmes choses sans obtenir de résultats. Donnez-nous une voix au chapitre pour que nous puissions assurer notre avenir », a déclaré Dorothy Kazombo Mwale, une jeune activiste climatique du Malawi, lors de la Conférence des Nations Unies sur le changement climatique à Glasgow (COP26).
Malgré tout, ils ont formé une génération d’activistes, par rapport à celles qui les ont précédé, les jeunes sont plus susceptibles d'identifier, de soutenir et de s'engager dans les causes climatiques.
Les jeunes générations savent que, puisqu'elles ont le plus à perdre, leur participation et leur inclusion sont capitales.
Voici cinq exemples qui prouvent que les jeunes sont les artisans actifs de notre réalité quotidienne... et de l'avenir proche.
« Chaque fois que nous sortons une nouvelle prothèse de pied de notre usine, nous savons qu'elle va changer la vie de personnes », déclare Abrahim.
Seyyam, un jeune homme du Pakistan qui étudiait l'ingénierie, n'aurait jamais pensé qu'il finirait par développer son propre remède après avoir subi un grave accident au cours duquel il a perdu sa jambe gauche. Avec son ami et camarade de classe Abrahim, ils se sont lancés dans une mission : fabriquer la meilleure prothèse possible pour Seyyam.
Les deux amis ont commencé à travailler à la conception et à la construction de la prothèse, mais ils ont aussi commencé à prendre conscience des défis auxquels font face les personnes handicapées dans le pays. Ce qui était au départ un défi personnel a fait germer une idée d'entreprise : Mobiliti.
Aujourd'hui, l'entreprise est le premier et le seul fabricant local de prothèses au Pakistan, qui répond aux normes internationales et qui est « abordable, efficace et permet aux gens de réaliser pleinement leur potentiel physique », comme le décrit Abrahim.
Le succès de l'entreprise a valu à Abrahim de recevoir le prix Forbes 30 under 30 Asia dans le domaine des soins de santé et des sciences.
Le 25 février, après que plusieurs explosions ont éclaté à Odessa (Ukraine), Irina, fraîchement diplômée d'une maîtrise en psychologie, a fait ses valises et s'est enfuie à Chisinau (Moldova).
« J'essaie de détourner les enfants de la pensée de la guerre », affirme Irina.
Elle croyait, en connaissance de cause, qu'en temps de crise, il vaut mieux s'occuper l'esprit. Elle a décidé de se porter volontaire pour conseiller d'autres réfugiés.
« Je suis capable de les aider à s'adapter à la nouvelle réalité, à l'endroit temporaire où ils vivent, d'établir une relation de confiance avec eux. Petit à petit, les gens en viennent à parler plus ouvertement de leurs besoins et assistent aux séances individuelles. C'est une grande réussite », déclare Irina.
Irina est épanouie professionnellement et estime que grâce à son travail, il y a moins d'incertitude et de désespoir. « J'essaie de distraire les enfants de leurs pensées sur la guerre », dit Irina.
Khowla est née à Baidoa (Somalie), mais a échappé à la guerre civile avec sa famille qui s'est installée au Kenya, où elle a étudié l'administration publique.
« Les viols sont fréquents dans notre communauté. [...] Cela me rend parfois très déprimée. Pourquoi les femmes sont-elles traitées de cette façon ? », s'interroge Khowla.
« Mon père et ma mère, me racontaient comment les femmes étaient maltraitées et comment elles étaient forcées de se marier, et ça passait aussi à la radio », dit-elle. Lorsqu'elle l'a pu, Khowla est retournée en Somalie et a commencé à visiter les camps de personnes déplacées à l'intérieur du pays, pour aider les femmes maltraitées à obtenir des soins médicaux et à remplir des demandes d'asile.
Aujourd'hui, elle est devenue la coordinatrice du centre de résolution alternative des conflits de Baidoa, dans le sud-ouest de la Somalie, un centre qui offre un lieu sûr où les parties en conflit peuvent soit discuter – ce qui permet parfois de désamorcer des situations qui pourraient se transformer en violence grave – soit soumettre leurs différends à un groupe d'anciens, hommes et femmes, pour une décision indépendante.
Martin a grandi à Hoima, en Ouganda, où il a vu des ménages et des entreprises urbaines mal gérer leurs déchets. Ce qui était un problème quotidien est devenu une source d'inspiration pour ce jeune étudiant en informatique et en sciences de l'information.
Après avoir obtenu une subvention pour l'action climatique du PNUD Ouganda, il s'est associé à quatre autres collègues de l'université pour développer Yo-Waste, une start-up qui s'attaque à la gestion des déchets dans les communautés urbaines.
L'application Yo-Waste permet aux ramasseurs de déchets qui possèdent un camion de s'inscrire en tant qu'éboueurs partenaires et d'avoir accès à une variété de clients qui ont besoin de leurs services.
À ce jour, la start-up a touché plus de 10 000 ménages à Kampala et Entebbe, ce qui a permis de collecter plus de 1 200 tonnes de déchets municipaux solides en 2021, qui auraient autrement été brûlés à l'air libre ou jetés dans des canaux d'eau.
Près de l'Amazonie colombienne se trouve Vistahermosa, un petit village où 300 ex-combattants des Forces armées révolutionnaires de Colombie (FARC) ont décidé de mener à bien leur processus de réintégration sociale. Natalia est l'une d'entre eux.
Elle était l'une de six enfants d'une famille modeste. Elle ne pouvait pas aller à l'école car elle devait se battre dans la guérilla.
Actuellement, dans le cadre de son processus de réintégration, Natalia étudie à l'université, tout en dirigeant l'une des initiatives les plus importantes du territoire : avec d'autres femmes du village, elle a créé un centre de garde d'enfants qui contribue à réduire la charge de ce type de travail pour les femmes.
À l'heure actuelle, le centre s'occupe de la moitié des enfants du village et renforce l'autonomie des femmes en leur offrant des possibilités d'emploi décent.
Natalia ne souhaite toujours pas avoir d'enfants car elle veut se concentrer sur sa carrière professionnelle, mais elle reconnaît que des projets comme celui-ci sont nécessaires pour combler les écarts structurels entre les sexes dans le pays.
Nous devons prendre les jeunes au sérieux : ils bousculent le présent pour bâtir un avenir meilleur pour tous et toutes.
Il est de notre devoir de veiller à ce qu'ils soient inclus là où les décisions mondiales – qui les concernent également – sont prises, en renforçant leur capacité à faire progresser les droits de l'homme, la paix et la sécurité, ainsi que les questions de développement dans tous les contextes.
Jayathma Wickramanayake, Envoyée du Secrétaire général des Nations Unies pour la Jeunesse, a dit un jour : « Ce que les livres d'histoire écriront sur vous, ce que vos enfants et petits-enfants liront sur vous, dépendra des décisions que vous prendrez aujourd'hui. »
Et elle dit vrai : on leur confie la réalisation de leur propre potentiel, mais nous devons garantir qu'ils disposent des outils et de l'espace nécessaires pour ce faire.
© 2026 United Nations Development Programme