Nous sommes à mi-chemin de l’échéance fixée dans le cadre du Programme 2030 et des objectifs de développement durable, notre seule et meilleure chance de laisser le monde dans un état meilleur que lorsque nous sommes nés.
Alors que des décennies de progrès ont permis à plus d'un milliard de personnes de sortir de la pauvreté, une série de chocs géopolitiques ont entraîné de sérieux revers, mais il y a encore du temps pour finir sur une bonne note, à condition de corriger le tir.
L’ODD 1, qui est d’éliminer la pauvreté sous toutes ses formes, est la clé passe-partout.
Cette année, alors que nous célébrons la Journée internationale pour l’élimination de la pauvreté, nous nous intéressons à ce que la pauvreté nous révèle sur l’état du monde et à ce que cela signifie pour la dignité humaine, en mettant l’accent sur les emplois de qualité.
Mais avant, disséquons la pauvreté – qui traverse tous les ODD – pour en examiner les aspects fondamentaux.
La pauvreté, ce n’est pas seulement le manque d’argent. C’est un piège. C’est un mauvais état de santé, une éducation médiocre ou inexistante et un manque de pouvoir politique.
C’est dangereux – en ce qu’elle s’accompagne souvent d’un logement peu sûr et de conditions de travail périlleuses.
C’est injuste. Les pauvres ne sont pas traités équitablement dans les systèmes judiciaires, et les soins de santé dont ils bénéficient sont de qualité inférieure.
La pauvreté vole dignité et espoir. Elle nous prive de l’un de nos désirs les plus fondamentaux : voir nos enfants vivre une vie meilleure.
Ce cycle implacable condamne des milliards de personnes, sans que ce ne soit leur faute, et souvent du fait aléatoire de leur naissance et du lieu où elles vivent, au désespoir et à l’insécurité, et ne leur offre aucun moyen de s’en sortir d’elles-mêmes.
Mais avoir un emploi ne garantit pas d’être à l’abri de la pauvreté. Selon l’Organisation internationale du travail, 13 % des travailleurs dans le monde sont modérément pauvres et 8 % vivent dans l’extrême pauvreté.
Autrement dit, un cinquième de la population active mondiale est constitué de « travailleurs pauvres ».
Et les pauvres sont souvent traités de manière inéquitable par les systèmes judiciaires. Le PNUD promeut la justice pour tous, en particulier pour ceux qui vivent dans la pauvreté et sont défavorisés, parmi lesquels les femmes, les enfants, les minorités, les personnes vivant avec le VIH/sida et les personnes handicapées.
Dans 34 pays, 32 millions de personnes jouissent désormais de leurs droits et protections juridiques dans le cadre du système judiciaire.
La pauvreté tire la progression de pays entiers vers le bas, voire pire. Elle fragilise le tissu social. L’histoire est truffée d’exemples d’agitation et d’effondrement rapides, et souvent violents, de sociétés inégalitaires.
L’un des grands changements d’état d’esprit de ces dernières décennies est notre prise de conscience de ce que la pauvreté n’est pas un fait « naturel » ou inéluctable de la vie. Elle est le résultat contre nature de l’échec à véritablement reconnaître ou prendre en compte le fait que tous les êtres humains sont égaux en dignité et méritent les mêmes chances. Elle est un sous-produit de lois, de politiques ou d’institutions partiales injustes qui aggravent la marginalisation.
Dans plus de 30 pays, les femmes et les filles n’ont pas le droit d’hériter ou de posséder de terres.
Selon la Banque mondiale, environ 90 % des terres en Afrique subsaharienne ne sont pas titrées. L’attribution de titres fonciers peut avoir un impact significatif sur les niveaux de pauvreté et la sécurité alimentaire. Près de 80 % des pauvres dans le monde vivent dans des zones rurales.
Figurez-vous que ce n’est pas sorcier. Nous savons ce qui fonctionne et nous le faisons depuis un certain temps.
Une chose que nous avons apprise pendant la pandémie de COVID-19, c’est que les priorités économiques ne sont pas gravées dans le marbre. Pendant la crise sanitaire mondiale, des ressources ont été rapidement redéployées pour soutenir d’autres programmes de protection sociale qui ont permis à des familles et à des entreprises de tenir le coup.
Du moins dans les pays qui pourraient se le permettre.
Rien qu’au cours des trois dernières années, plus de 190 pays ont mis en place plus de 3 333 mesures de protection sociale, 73 % des pays à faible revenu et 66 % des pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure ayant eu recours à des mesures d’aide sociale, principalement des transferts monétaires.
Le PNUD plaide pour un revenu de base universel, qui pourrait non seulement redonner de la dignité, mais aussi mettre à l’abri de chocs futurs.
« Un nouveau contrat social doit naître de cette crise, qui rééquilibre les inégalités profondes qui prévalent dans les sociétés. Ne mâchons pas nos mots : la question ne devrait plus être de savoir s’il est possible de trouver des ressources pour assurer une protection sociale efficace, mais plutôt comment les trouver. » – Kanni Wignaraja, Sous-Secrétaire générale des Nations Unies et Directrice du Bureau régional du PNUD pour l’Asie et le Pacifique
Les travaux de recherche du PNUD ont montré comment même un revenu de base temporaire versé à des centaines de millions de femmes aurait permis d’endiguer la vague de pauvreté et d’inégalités croissantes pendant la pandémie de COVID-19, surtout pour les femmes.
Mettre fin à la pauvreté est l’une des principales priorités du PNUD, et nous regardons la situation dans son ensemble et dans le détail.
Le PNUD reconnaît depuis longtemps le caractère multidimensionnel de la pauvreté. Pendant des décennies, nous avons scruté les données pour comprendre où les gens sont pauvres et pourquoi.
Notre rapport sur l’indice de pauvreté multidimensionnelle actualise régulièrement les données de 110 pays en développement dans le but d’améliorer les conditions de vie de 6,1 milliards de personnes.
Les écarts de pauvreté entre les femmes et les hommes sont particulièrement marqués dans la tranche des 25 à 34 ans, les femmes ayant du mal à concilier travail rémunéré et charges familiales inégales. Pour 100 hommes pauvres de cette tranche d’âge, on compte 122 femmes.
La Stratégie du PNUD en matière d’égalité des sexes montre que depuis la pandémie de COVID-19, les femmes sont près de deux fois plus susceptibles que les hommes de perdre leur emploi. Pourtant, moins de 20 % des mesures prises par les pouvoirs publics dans le monde s’attaquent à l’insécurité économique des femmes.
Nous savons qu’aucun pays n’a atteint la pleine parité et que moins de 1 % des femmes et des filles vivent dans un pays où le niveau d’autonomisation des femmes est élevé.
« À un moment où les progrès vers l’égalité des sexes stagnent souvent, voire reculent, cette nouvelle stratégie ambitieuse sur l’égalité des sexes guidera le PNUD dans ses efforts pour aider les pays à aller au-delà des efforts fragmentaires pour adopter des approches globales qui modifient les structures de pouvoir et les systèmes économiques, sociaux et politiques qui perpétuent la discrimination. » – Achim Steiner, Administrateur du PNUD
Nous savons également que les petites interventions peuvent avoir un effet non négligeable, c’est pourquoi nous travaillons avec des propriétaires de petites entreprises du monde entier sur presque tous les types d’enjeux.
Qu’il s’agisse de la récolte de baies d’argousier dans l’Himalaya, de la réalisation de réseaux énergétiques alternatifs en Afrique subsaharienne ou de notre travail sur les droits fonciers en Colombie, nous créons des conditions qui permettent aux femmes d’acquérir des compétences, de disposer des ressources et d’accéder aux infrastructures nécessaires pour créer leur propre richesse et mettre sur pied des entreprises qui profitent non seulement à elles-mêmes, mais aussi à leurs communautés et à leur environnement naturel.
« Nous ne pouvons pas résoudre nos problèmes avec les modes de pensée qui les ont engendrés. » – Albert Einstein
Les plus grands esprits humains ont toujours été capables de s’élever au-dessus du statu quo pour parvenir à une véritable transformation dans la façon dont nous percevons le monde, et nous avec.
Nous sommes à un moment de l’histoire où le changement s’impose.
Les ODD sont notre idée maîtresse. Pour réaliser chacun de ces objectifs, il faut changer d’attitude et revoir les priorités. L’ensemble de la famille des Nations Unies redouble d’efforts pour que ces objectifs franchissent la ligne d’arrivée en 2030.
« L’heure n’est pas à l’incrémentalisme, mais plutôt à la transformation avec le concours de tous. Remettons les ODD sur la bonne voie. » – António Gutteres, Secrétaire général des Nations Unies
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