Pendant huit ans, une bombe à retardement flottante était amarrée au large des côtes du Yémen.
Le vieux navire de stockage de pétrole FSO Safer, bloqué par la situation de conflit, n'avait pas été entretenu depuis des années, rendant sa cargaison, soit plus de 100 millions de barils de pétrole brut, particulièrement dangereuse.
Le pétrolier de 47 ans était sur le point de se briser à tout moment. Si cela s'était produit, les conséquences environnementales auraient été désastreuses pour la mer Rouge, la région et l'économie mondiale du transport maritime
Le coût du nettoyage d'une marée noire aurait pu atteindre 20 milliards de dollars américains, des centaines de millions de dollars supplémentaires en opportunités économiques perdues, et il aurait fallu des années, voire des décennies, pour se rétablir. On estime que les stocks de poissons auraient eu besoin de 25 ans pour se reconstituer.
Pour protéger la mer Rouge, les Nations Unies ont élaboré un plan pour extraire le pétrole. Le PNUD a été chargé de mener l'opération. La première étape a consisté à constituer une équipe internationale d'experts en récupération marine, en droit maritime, en assurance et en marée noire. Et avec nos agences sœurs des Nations Unies, la course contre la montre a commencé.
Nous avions besoin d'un pétrolier de remplacement pour recueillir le pétrole, nous avons donc acheté le Nautica (maintenant rebaptisé MOST Yemen). Il a ensuite été équipé selon nos demandes dans un chantier naval à Singapour.
Nous avons fait appel à la société de récupération marine de premier plan, SMIT, filiale de Boskalis, pour mobiliser une flotte de navires de soutien dirigée par le Ndeavor, pour mener à bien l'opération.
Équipé en matériel et avec un équipage à son bord, le Ndeavor est parti des Pays-Bas pour Djibouti et a atteint le Safer, situé à environ huit kilomètres au large des côtes du sud du Yémen, fin mai.
Le MOST Yemen a quitté Hodeidah le 17 juillet et s’est ancré à côté du FSO Safer. Lorsque les préparatifs ont été finalisés, SMIT a commencé le transfert de navire à navire, réduisant immédiatement les risques.
“Aujourd'hui est un moment de fierté pour les nombreuses personnes du système des Nations Unies ainsi que pour nos donateurs et partenaires qui ont travaillé sans relâche au cours des derniers mois et années pour éviter une catastrophe dans un pays déjà fragilisé à la suite d'un conflit prolongé. Il reste encore du travail, mais aujourd'hui, nous pouvons dire avec confiance que la menace immédiate d'un déversement a été écartée..” - Achim Steiner, Administrateur du PNUD
"Je me réjouis d'apprendre que le transfert de pétrole du FSO Safer s'est achevé en toute sécurité aujourd'hui. L'opération dirigée par les Nations Unies a évité ce qui aurait pu être une catastrophe environnementale et humanitaire d'une ampleur colossale" - António Guterres, Secrétaire général des Nations Unies
Cette histoire a eu un écho retentissant et les soutiens ont afflué dans le monde entier. Des donateurs grands et petits ont apporté leur appui pour tous les aspects du projet, en fonds, en expertise et sous forme d’aide en nature.
Grâce à la générosité des gouvernements, du secteur privé et du public, nous avons reçu 121,2 millions de dollars, suffisamment pour la phase d'urgence.
Il reste un déficit de financement de 21,8 millions de dollars, ce qui inclut nos projets à plus long terme pour le Safer.
David Gressly, Coordinateur résident des Nations Unies pour le Yémen, qui travaille sur le projet depuis plus d'un an, a déclaré que le pire scénario avait été évité, mais que tout n’était pas réglé.
Pour M. Madawi, qui a passé les dernières semaines à bord du navire au Yémen, le projet était un exemple inspirant d'expertise et de coopération internationale.
“Cela nous rappelle pourquoi nous existons en tant que Nations Unies, pour relever certains des défis les plus complexes du monde, en utilisant notre pouvoir de rassemblement pour réunir la communauté internationale afin de résoudre des problèmes en apparence insolubles.” - Mohammed Siddig Madawi, Coordinateur et conseiller sur le Safer, PNUD
L'ONU remercie ses généreux donateurs pour leur soutien
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